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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

21- A un compagnon

 

 

 

V

 

oici une parole entrevue à la Cayenne de Lyon : Le chef-d'œuvre est un monument aux formes étranges mais dans lequel se trouve accumulé tout ce qui peut exercer la main et torturer les esprits des hommes les plus capables.

 

Celui qui part pour trouver les Indes est sûr de découvrir au moins une Amérique.

 

Venez mes S\, je vous invite à un pèlerinage, dans un pays où les rêves sont plus longs que les nuits, où les larmes d'apprentis fécondent les étoiles.

 

C'est quand commence la nuit que le soleil s'enivre de l'instant qui vient de disparaître, à l'horizon de l'ailleurs qu'il est allé chercher et il devient par la magie de son ultime présence l'astre du flamboyant.

 

Ainsi en est-il des étoiles éteintes depuis presque toujours à notre échelle humaine et qui nous offrent encore leur lumière. Ainsi ce soir, mes S\ vous êtes devenues comp\ sans cesser d'être app\

 

Tout instant, plein, vécu avec intensité, non comme s'il était le dernier mais bien parce qu'il est le premier, est annonciateur, initiateur d'autres instants, d'autres vies et là commence le rêve parce que la réalité de ces instants est telle qu'elle nivelle tout à ce niveau d'une telle harmonie et que plus rien ne sera pareil sinon le semblable à ce pareil.

 

Oui, les initiations, les voyages maç\ emplissent le temple de sacré et nous irradient de cette belle force intelligente de l'Amour.

 

Le voyage est un éloignement de l'univers quotidien, de ce que l'on regarde comme ses intérêts, ses soucis, ses espérances. L'espace qui s'interpose entre le voyageur et son lieu d'origine développe des forces que l'on croit d'ordinaire réservées à la durée. De voyages en voyages, l'espace détermine des transformations intérieures, très semblables à celles provoquées par la durée, mais en quelques manières les surpassent.

 

A l'instar du temps, le voyage amène l'oubli en dégageant la personnalité de ses contingences pour la transporter dans un état de liberté initiale. Le temps, dit-on, c'est le Léthé mais l'air du lointain est un breuvage tout pareil  et si son effet est moins radical, il n'en est que plus rapide                            .
Ce vrai voyage est dans le regard et non dans le monde.

 

Le voyage le plus libre, le plus heureux n'est il pas celui où le voyageur procède lui-même à sa propre initiation, à son propre travail de libération, de création? Le voyage le plus étonnant et le plus fécond à la fois, n'est il pas celui qui dessine son itinéraire en le déployant et qui l'invente par le voyage même? Celui-ci devient alors sa propre finalité et il trouve son fondement dans le mouvement même qui le définit. Il trouve alors en lui-même et sa jouissance et sa satisfaction: n'est-ce pas la structure même du voyage de l'être? Voyager: une passion métaphysique vers le "je ne sais".

 

Alors ce 4ème pas de côté qui te fera voyager aux confins de l'extrême de l'étoile flamboyante doit te ramener, par le 5ème pas vers ton but dans l'axe du sommet de l'étoile. Et maintenant que tu es compagnon parmi les comp\, maintenant que tu as vu ton étoile parmi les étoiles que vas-tu en faire? Il faut en faire le plus fidèle des miroirs comme ces couches de laque de chine rares et raffinées. Ces couches sont celles de tes réflexions, de tes méditations, de tes actions.

 

Chaque étoile est un éclatement, une parcelle de lumière que tu fais tienne et ton étoile se découpera parmi les hommes comme un témoignage de l'idéal: découpe du temps et de l'espace qu'il te faut ciseler pour tisser ta lumière. Tu vas voguer vers l'ailleurs, vers l'incommunicable que les explorateurs de l'inconnu, les artisans de la tradition initiante de l'aube des choses recherchent encore. Ton étoile vient de frôler celle qui, sur le temple idéal, brillera comme lumière de la réunion de tous les hommes devenus étoiles.

 

Ma S\, avec ton étoile tu as reçu ta parole. Mesure la à l'entrecroisement de l'équerre et du compas ; qu'elle ne domine pas, qu'elle n'humilie pas, qu'elle ne manipule pas.

 

Le silence qui t'enveloppait, dont tu étais garant en tant qu'app\ et que ta présence marquait, imprimait et générait avec les autres app\sur la col\ du nord, ce silence épelait BOAZ. Ce silence est une nouvelle œuvre intérieure qu'il t'est donnée de faire désormais. Comme un bloc, ce silence est à tailler pour en faire l'ornement de ton âme. Cisèle le comme un orfèvre et que tes paroles ne soient que l'éclat de ce silence renaissant entre esprit et matière. C'est dans ta parole, devenue verbe, que tu projetteras les vrais éclats de ton étoile.

 

Mes S\, venez, je vous invite à vous mettre en route, guidées par l'inaccessible étoile.

 

Quand tu te sentiras irradiée, sous sa lumière directe, se manifestera, pour toi seule, tombant de la polaire, l'axis mundi et le sens de ta quête compagnonnique, initiée par ces 5 voyages, resplendira comme un éternel midi plein.

 

Voilà pour le rêve, dédié à JAKIN. Brother and sister, I did a dream this night. Evolution et Concorde, crée, constitue et reçoit des comp\ qui en sont son salaire. Ces comp\, avec leur naissance initiatique d'app\, comprennent, qu'au-delà du piège de la formule poétique des mots, il existe un réel rapport à la tâche. Quel est-il ? La réponse se situe dans la compréhension totale de la glorification du travail qui est cet état d'être F\M\, souché sur l'esprit du compagnonnage opératif qui fait de l'ouvrier un artisan, de l'artisan un ouvrier d'art et de l'ouvrier d'art un bâtisseur de cathédrales de pierre ou d'esprit.

 

Ecoutez Lanza del Vasto: Je commence à tisser un fil plus sûr et qui ne se rompt pas à chaque tour de rouet. J'aurai bientôt filé ma robe de pèlerin. Je voudrais en effet, au mois d'Avril, partir pour la source des fleuves sacrés, en pèlerinage que tout pieux Hindou accomplit au moins une fois dans sa vie. Je veux me préparer à ce pèlerinage, je ne veux n'emporter que des objets purs.

 

 

 

 

Que ta maç\, ma S\ soit un vêtement de vie taillée par toi de façon incessante dans la plus pure et la plus solide des étoffes de ton être.

 

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Published by Solange SUDARSKIS - dans planches maçonniques
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