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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

17-  Le Roi et nous

 

 

                                                           

 

D

 

ans le Talmud de Babylone, parmi les dix questions faites  par Alexandre le Grand aux anciens du Neguev , il en est une qui nous intéresse tout particulièrement, la quatrième question : Quelle est la définition d’un sage demande Alexandre ? Les anciens lui ont répondu : le sage est celui qui prévoit ce qui advient.

 

La sagesse apparaît ici comme déductive, le sage d’un maintenant lit l’après, par une perception rationnelle ou révélée.

 

Dans le Pirkhé Avoth (traité des principes), l’homme sage n’est pas défini ainsi, comme sachant prévoir. Il y est appelé celui qui, en autrui, en tout homme, trouve à s’instruire.

 

Dans la première définition, le sage s’expose à un système de contingences historiques, celui de la deuxième sagesse résiste aux expériences du savoir pour se renouveler, ouvert à chaque rencontre.

 

Je naviguerai d’une sagesse à cette autre sagesse.

 

"Un roi décida un jour de construire une ville et fit le choix d’un site. Les astrologues approuvèrent l’endroit à condition qu’un enfant soit emmuré vivant et présenté volontairement par sa mère.

 

Au bout de 3 ans, une vieille femme présenta un enfant d’environ 10 ans. Au moment d’être emmuré, l’enfant déclara au roi «laisse-moi poser 3 questions aux astrologues; si leur réponse est correcte alors ils auront bien lu les signes, mais sinon, dans le cas contraire ils t’auront leurré »

 

Qu’est-ce qu’il y a de plus léger, qu’est-ce qu’il y a de plus doux, qu’est-ce qu’il y a de plus dur au monde ?

 

  Au bout de 3 jours, les astrologues donnèrent leur réponse. :

 

« Le plus léger c’est la plume, le plus lourd c’est la pierre et le plus doux c’est le miel. »

 

 

L’enfant éclate de rire et ajoute : « Le plus léger c’est l’enfant parce que, dans les bras de sa mère, jamais il ne pèse ; ce qu’il y a de plus doux, c’est le lait de sa mère et le plus dur c’est pour la mère d’apporter elle-même son enfant pour être enterré vivant. »

 

Les astrologues furent confondus et durent reconnaître leur erreur.

 

Ils avaient mal lu les étoiles. Aussi l’enfant fut-il épargné.

 

 

Au VIIIe siècle av. l’ère vulgaire, lorsqu’il fut installé sur le trône d’Israël, le roi Salomon, Shlomo Hamelech, se rendit à Guib’on où se trouvait le Mishbea’h Hagadol (l’Autel), avant la construction du Temple.. Il y fit un rêve dans lequel le Tout Puissant s’adressa à lui : « Demande Moi ce que tu désires et Je te l’accorderai. »

 

Salomon ne demanda ni la richesse, qu’ont les autres rois, ni un long règne, il décida : je vais demander une chose qui inclut tous les voeux possibles et en regard de laquelle rien d’autre n’a de valeur. Il demanda la sagesse et le pouvoir de distinguer le Bien du Mal pour permettre de juger avec équité. Ceci plut à Adonai car par cette demande Salomon aspirait à ce que son cœur s’ouvrît à la compréhension du cœur de chaque homme.

 

La sagesse lui fut accordée et son cortège de bienfaits. A son réveil, Salomon, s’aperçut qu’il comprenait le langage des oiseaux et qu’il pouvait leur parler. Ainsi couvert par la sagesse, il y a un accès à un sens qui se trouvait déjà là, sous la couche sédimentée de la différence des espèces. La sagesse permet de dévoiler de nouvelles tonalités qui échappent aux significations stéréotypées et affaiblies du quotidien (comprendre la langue des oiseaux signifie être initié).

 

L’enseignement talmudique de la sagesse de Salomon est évoquée par d’autres histoires racontées sous formes de contes didactiques et moralisants : les 2 femmes et l’enfant, mais aussi le serpent et le pot de lait, Salomon et le roi de Perse, l’histoire des 3 frères, celle des 3 hommes, celle du fils du riche et le serviteur, d’autres encore.

 

Il s’agit le plus souvent de la mise en scénario de la découverte de coupables, montrant que la sagesse ne s’exprime pas une fois pour toutes, mais par des actes de décision toujours renouvelés.

 

La Bible retient 3 livres qui auraient été écrits par Salomon.  Misleî (les proverbes), Qohelet (l’ecclésiaste) et le Shir Hashirim (le  Cantiques des cantiques).

 

1 - Misleî, les proverbes, enseigne quelles sont les qualités qu’il faut développer, en particulier, l’amour de la sagesse et la recherche en toute circonstance du juste milieu.

 

Le terme Misleî, traduit par proverbes, a un sens premier de « manière d’être », fait précis qui sert à confirmer. Mieux que proverbes, "exemples " bons ou mauvais, semblerait une meilleure traduction nous dit Chouraqui.

 

Ce qui est essentiel sous la forme qui l’exprime (proverbe, dicton, discours inspiré, parabole, poème, sentence) ce qui est essentiel c’est l’exemple à imiter ou à fuir, le fait objectif que décrit le proverbe. S’adressant à son fils Salomon prononce un plaidoyer pour démontrer la supériorité de la sagesse sur la démence.

 

L’opposition est constante entre ces deux voies, celle des criminelles et celle des justes. Ces écrits ont un but pédagogique. Pour la pensée judaïque le monde est cassé en deux, et il n’est pas sans conséquence de se situer dans la lumière ou dans les ténèbres… Dans ce livre des proverbes, le discernement et la discipline sont des mots au centre du discours de Salomon.

 

  Ainsi peut-on lire :

 

« Au coeur qui discerne  repose la sagesse »

 

« En tête de sagesse, acquiers la sagesse ; avec ton acquis, le discernement »

 

« Adonaï fonde la terre sur la sagesse »

 

« La face de qui discerne est sagesse »

 

« En marche, l’humain qui trouve la sagesse, l’humain qui diffuse le discernement ? Oui sa valeur est meilleure que valeur d’argent, que l’or fin de sa récolte. »

 

 

«  La sagesse est un arbre de vie pour ceux qui l’étreignent, ceux qui s’y appuient sont en marche »

 

 

Pour Salomon, la discipline, être disciple, apprendre sont : l’écoute de la parole du père et le frémissement devant Adonaï.

 

La sagesse est, pour lui, dans la proximité de Adonaï, dans ce que l’on pourrait appeler la stricte observance de la LOI.

 

2 - Qohelet : qui signifie « assembler » a été traduit en grec, puis en latin par ecclésiaste, mot qui dérive lui-même de ecclesia, l’assemblée.

 

Qohelet est rassembleur de sentences et prédicateur. Le ton et la signification profonde de l’ouvrage sont donnés par le deuxième verset qui sert de leitmotiv au livre tout entier.

 

Vanité des vanités, dit Qohelet, vanité des vanités, tout n’est que vanité ! « Habel ha balim,  hakol habel ». La traduction de Habel par vanité implique un jugement de valeur (est vain ce qui est dépourvu de valeur). Or le mot Habel est essentiellement concret, il dresse un constat : tout est fumée, le bonheur, le travail, la sagesse, la vie, l’humanité, la famille, l’argent, le rire, l’avenir, la jeunesse, les jours de l’homme ; oui tout est fumée. La pensée de Salomon est davantage métaphysique que moralisante. Il tente de décrire la condition humaine sous l’angle de ce qui se passe. Etat de fait indéniable et qui porte à conséquence pour la pensée et la conduite de l’homme. Le sage  est celui qui règle ses désirs sur ce qui ne dépend que de lui, pourrait dire le stoïcien.

 

Fumée des fumées  dit Qohelet, fumée des fumées, tout n’est que fumées. Il termine le livre en disant : « Et, après avoir  tout entendu, frémis d’Elhoim, garde ses ordres, oui voilà tout l’humain. » On retrouve ainsi à la fin de l’ecclésiaste cette parole du père au fils qui recommande la stricte observance dans le frémissement du Mystère.

 

3 - Shir Ashirim : Le cantique des cantiques est rapporté à Salomon sans que l’on puisse savoir si le relatif du premier verset désigne le roi comme auteur ou comme destinataire du texte : « Cantique des Cantiques à Salomon »  

 

La lecture des 117 versets qui composent ce poème révèle au moins deux plans de significations ; un plan humain où l’auteur met en scène un homme et une femme unis par l’Amour, et un plan cosmique relatif à la création toute entière. Il faut y voir aussi l’exaltation des rapports privilégiés entre l’assemblée d’Israël et de Eter-El.

 

Les quatre motifs qui forment la trame du poème se retrouvent en profondeur dans toute la Bible. La création, la chute, l’exil et la rédemption. Ce livre est considéré comme un chef-d’oeuvre littéraire. Rabbi Aquiba en dira « Le monde n’avait ni valeur, ni sens avant que le poème des poèmes ne fut donné à Israël. »

 

C’est au 109ème verset qu’il est écrit : « Oui, l’Amour est inexorable comme la mort », dans la traduction de Chouraqui ;   « fort comme la mort »  dans la traduction TOB ; « l’Amour est plus fort que la mort » disent les initiés.

 

La sagesse de Salomon est un sujet repris par le livre pseudépigraphe du 1er s. av. J.C., introduit dans la Bible avec le titre « La sagesse de Salomon »

 

L’auteur, probablement un juif alexandrin, sage et fin lettré, se fonde sur l’héritage intellectuel de Platon, d’Aristote et des Stoïciens pour donner une consistance rationnelle à la pensée de Salomon.

 

 Il reprend ses thèmes pour exhorter le lecteur à vivre en sagesse. «  Aimez la Justice , vous qui jugez la terre ! « Pensez à Adonaï en Bien, cherchez Le dans l’intégrité du coeur.  » «   Oui, la Justice est non-mort. » « Elohim n’aime la parole que si elle est unie à la sagesse »

 

Ainsi l’homme sage est celui qui discerne le Bien du Mal et qui consent à la Loi. Cette sagesse est-elle une sagesse pour tous ?

 

Retenons: Pour Salomon, la stricte observance procure la sagesse. Il a dit « Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse; alors tu comprendras ce que sont Justice, Equité,  Droiture, Toutes choses qui conduisent au bonheur ».

 

 

Salomon fut exaucé en demandant la sagesse .Elle lui fut donnée, donc ses jugements étaient inspirés. Il savait ce qu’était le Bien, le Mal.

 

Mais, nous, hommes et femmes du quotidien, ne recevons pas l’illumination d’en haut : nous recherchons la sagesse à travers des quêtes différentes et variées. Nous essayons d’aller vers plus de lumière, mais nous ne pouvons que douter. Pour comprendre l’autre, les sens sont illusions L’intuition, le cœur nous permettent de nous approcher, de pénétrer une vérité multidimensionnelle, mais nous demeurons ancrés dans la nécessité de la réalité, la nôtre, qui sera toujours un obstacle à la compréhension objective du vrai de l’autre.

 

 

Discerner le Bien du Mal, être inspiré par un manichéisme où se condensent et s’alternent les contraires, où s’ouvre le passage d’une vision duale, ne risque-t-il pas de dévoiler une vérité virginale dure et froide. Et pourtant c’est à son mariage avec l’âme de la révéler chaude et tendre. C’est-à-dire de faire de la justice une équité, de sous-tendre la rigueur par la miséricorde. « Il n’y a ni droite, ni gauche parce que ce n’est pas la main qui agit mais le coeur et il est Un », dit l’ange à Gita dans ce livre du dialogue avec l’Ange de Gita Mallasz. Dans l’arbre de Vie Hesed, la miséricorde, est le vis-à-vis  de Géburah, la rigueur.

 

La méthode d’enseignement par l’exemple, comme celle de Salomon, est-elle conforme à une démarche d’homme libre ?

 

Imiter ou fuir un modèle, répéter, singer, copier, être homothétique ou reflet inversé n’est pas, à mon sens, une démarche d’homme libre. Nous ne sommes pas des clones psychiques; chaque histoire est unique.

 

L’homme libéré n’a pas de modèle préexistant, parce qu’il n’existe que par une actualisation sans cesse renouvelée de son devenir sans laquelle il n’y a pas de  rédemption  possible.

 

Ni modèle ni guide « Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pouvoir te perdre » dit le cabaliste.

 

 

Celui qui, cherche sait qu’il doit parfois s’écarter de la voie mais pour n’explorer que ce qui est à sa mesure. C’est son identité qui fonde son parcours. Les épreuves de la vie enseignent à tout âge.

 

 

Toutes les recherches de sagesse initiatiques indiquent une direction d’évolution, à partir du moi vers le Soi. 

 

Il s’agit de trouver l’homme dans son être véridique en mouvement vers le meilleur de lui-même, pour atteindre un ordre éthique, qui instaurera, dans l’existence des hommes, dans leur vie privée et collective, une harmonie leur permettant de s’assembler pour partager la réalité. Non seulement parler aux oiseaux, mais accepter de vivre auprès d’eux et eux auprès de nous. Chaque être ne ressemble qu’à lui-même, et pour cela surtout pour cela, la Jérusalem céleste doit pouvoir s’ériger sur des consciences éveillées aux autres. C’est dans ses épreuves du rapport à autrui que l’homme s’éprouve et se fait. Quelque chose me pousse à reconnaître l’autre comme mon frère.  Autrui est le seul Bien qui puisse limiter mon égoïsme et ma persévérance dans le Mal. L’autre est celui qui limite en chacun de nous le « chacun-pour-soi ». Le véritable Amour n’est ni dans la contrainte, fut-elle morale, ni dans la direction d’autrui, mais dans la liberté qu’on lui reconnaît et j’appellerai cela le principe d’humilité et pour cela il n’est pas besoin d’une définition a priori du Bien. Je ne suis pas bon parce que je possèderais la vérité mais parce que je rencontre l’autre dans sa singularité.

 

« Ne le fais pas avec la tête, ne le fais pas avec le cœur, fais le avec humilité » dit l'ange à Lili.

 

Dans la perspective judaïque, comme dans une philosophie de la tolérance, l’humilité apparaît comme la condition même de la conscience morale. L’humilité est l’expérience  de la gratuité, du don de soi.

 

Pratiquer l’humilité, c’est concevoir la capacité de se mettre en retrait devant autrui, de suspendre l’expansion naturelle et égocentrique de son propre être, de se taire et d’attendre, afin de donner à l’autre la possibilité de se faire, et de se dire. L’humilité est l’expérience du silence et du suspens... L’humble n’est pas un éclopé de la réussite car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître l’autre, non comme négation victimaire de soi, mais comme condition héroïque où l’homme comme Dieu fait place à l’homme ? Ecce Homo ! Ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, elle commence et s’accomplit là où commence et s’accomplit celle d’autrui.

 

Ainsi le Bien ne serait que dans la relation, dans la reconnaissance de l’altérité, dans son acceptation comme irréductible. Dans cette formulation excluant l’asservissement ou l’extase annihilante se montre la possibilité d’une obéissance qui n’aliène pas celui qui écoute... Et alors l’enseignement de Salomon peut devenir aussi une sagesse pour un être en marche. Elle n’est plus une maïeutique, mais une herméneutique. L’autre n’a pas pour rôle de me mettre en valeur comme dans le dialogue platonicien et socratique.

 

 Le dialogue socratique n’est pas un véritable dialogue, en ce sens qu’il s’inscrit tout entier dans le postulat de l’unité de la raison comme lieu de la vérité; même si ce lieu est à découvrir, il préexiste, il est. Le dialogue n’est qu’une ruse du logos, une forme ornementée d’une dialectique immanente. Tout se passe à l’intérieur d’une conscience ayant l’air de s’interroger et de se répondre, mais où, finalement tout se renoue.

 

La pensée est monochromatique d’une vérité immanente : c’est une maïeutique

 

Le fait même que l’autre soit une vérité et comme le formule Nietzsche « Il existe toutes sortes d’yeux, aussi il y a en conséquence toutes sortes de vérités et en conséquence il n’y a aucune vérité », ce fait ouvre la pensée sur l’interprétation, sur le questionnement, qui est aussi une remise en question.

 

L’herméneutique, c’est à dire l’art d’interpréter et non pas l’art de répéter, implique la suspension du jugement. L’ouverture réside dans le caractère non fixé de la réponse.

 

 

Dans l’Arbre des Séphiroth, la sagesse « Hochma » contient le ma, le « quoi ? »: le questionnement. Adam, en hébreu composé de aleph, daleth, mem, a une valeur énergétique de 45 ; qui s’écrit mem, hé, et peut se lire ma c’est-à-dire le questionnement.

 

 L’homme est un questionnement. La sagesse est un questionnement. La langue hébraïque, en l’absence de voyelle, peut prétendre être une herméneutique.

 

Mais de manière générale l’homme souhaite un monde où le Bien et le Mal soient nettement discernables, car il y a en lui le désir inné et indomptable de juger avant de comprendre. Sur ce désir sont fondées les religions et les idéologies. Elles exigent que quelqu’un ait raison.

 

A l’inverse, il existe un rapport au monde dans le respect; ce rapport nous l’appelons avec Emmanuel Lévinas la caresse et je la propose comme sagesse.

 

La caresse n’exige rien en matière de vérité; car elle est fondée sur la capacité de supporter la relativité essentielle des choses humaines. La caresse incarne la sagesse de l’incertitude. La caresse est un anti-concept qu’Emmanuel Lévinas introduit en philosophie dès 1947 dans le « Temps et l’Autre »

 

Ecoutant le : "La caresse est un mode d’être du sujet, écrit-il, où le sujet dans le contact d’un autre va au-delà de ce contact.

 

Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière... La caresse ne sait ce qu’elle cherche. Ce « ne-pas-savoir », ce désordonné fondamental en est l’essentiel. Elle est comme un jeu absolument sans plan, non pas avec ce qui peut devenir notre et nous, mais avec quelque chose d’autre, toujours autre, toujours inaccessible, toujours à venir. La caresse est l’attente de cet avenir. Elle est faite de cet accroissement de faim, de promesses toujours plus riches, ouvrant des perspectives nouvelles sur l’insaisissable. L’homme n’est pas, mais il devient, il existe dans son altération incessante

 

La  caresse n’est donc pas un savoir mais une expérience, une rencontre.

 

La caresse découvre une intention, une modalité d’être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître.

 

La caresse s’oppose à l’emprise de la griffe, du main-tenant, elle est abolition du temps. La caresse n’est pas la prise de l’être mais son respect.

 

La vérité comme respect de l’être, voilà le sens de la vérité métaphysique écrit encore Lévinas.

 

Le «  NOUS » qui n’est pas formé de « JE » distincts est l’équivalent d’un déluge noyant l’être dans une parole indifférenciée.

 

L’arc-en-ciel qui apparaît à la fin du déluge comme signe d’alliance retrouvée, c'est-à-dire de la relation dans l’individuation, peut-être considéré de ce pont de vue comme un paradigme (un exemple représentatif et explicatif) de cette essentielle différentiation. Les 7 couleurs de l’arc-en-ciel avec toute l’infinité de leurs nuances font obstacle à la seule lumière blanche des idéologies totalitaires. Et cette alliance nous propose une philosophie de l’éthique comme primordiale par rapport à la métaphysique.

 

 

Ecoutons une fois encore Lévinas qui écrit dans « Totalité et Infini » : Il faut faire œuvre de justice. La droiture du face-à-face, pour que se produise la trouée qui mène à Dieu, et la vision coïncident ici avec cette  oeuvre de justice.

 

Dès lors, la métaphysique se joue là où se joue la relation sociale, dans nos rapports avec les hommes. Il ne peut y avoir, séparée de la relation avec les hommes, aucune connaissance de DIEU. Autrui est le lieu même de la vérité, métaphysique et il est  indispensable à mon rapport à DIEU.

 

Je pense donc tu es ; et cela peut s’écrire avec Achem, le Nom, le  Tétragramme, (הוהי).

 

 

 

Dans un mouvement de tolérance, je dirai d’humilité caressante, qui excède le malheur, entre le Droit qui existe comme Bien a priori, mais qui ne suffit pas et l’Amour qui suffirait, mais n’existe qu’à peine, le Tsadik tente de construire un monde universel dans lequel l’humanité parviendrait à vivre par-delà le Bien et le Mal.  L’aube de cette sagesse,  que nous pouvons tenter de vivre, est la promesse d’un temps où voici que la lumière a épousé la nuit.

 

 

 

 

Au fait, qu’a pu devenir l’enfant de l’histoire babylonienne du début?

 

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Published by Solange SUDARSKIS - dans planches maçonniques
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