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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

7 - Je limite

 

 

 

V

 

enir vers la F \Maç\, revenir vers soi-même pour advenir aux autres est fondamentalement une démarche initiante. Elle peut naître de l’expérience de la fugacité du monde, du vide. Une telle expérience peut éveiller une espérance d’homme. Lorsque l’esprit humain trouve la force d’une orientation nouvelle comme celle de la F \, ce qui était voué à la perte devient une source de force et d’action. Naître en F\Maç\, cependant, n’est pas un point d’arrivée. C’est un point de départ, comme l’ombre d’un bâton planté en plein midi qui initialise la construction d’un temple, un début où rien n’est acquis d’avance ni pour toujours.

 

Je pourrais même dire que cela comporte des étapes, des stations dont on retrouverait un exemple dans le cheminement abrahamique de Ur jusqu'à Canaan. Ce cheminement comporte des  épreuves qui sont à vivre dans le rapport à l’environnement et dans le rapport à soi-même.

 

A Ur, Abraham s’arrache d’un monde où tout est compté, pesé, mesuré : l’arrachement 1ère étape. Pour cela il a besoin de se recueillir. Dans ce recueillement qui est absence au monde extérieur, il y a la descente pour écouter la voix qui parle au dedans, alors il y a l’accueil, l’hospitalité. En se retirant de l’extériorité profane, on lui donne un  abri. Le recueillement est la 2ème étape. Puis Abraham apprend à vivre en témoignant dans l’absence comme si c’était de la présence. Il est le témoin qui soutient un événement qui s’est passé et ne se voit plus. A chaque migration, à chaque épreuve, il garde confiance et avance comme une étoile dans un monde qui s’éteint. La persévérance est la 3ème étape. Et puis arrive l’enfant et le sacrifice à consentir.

 

Il est appelé à briser son narcissisme, son égocentrisme et à renoncer à la tentation d’adorer un Dieu qui ne serait que la projection de ses désirs et de ses attentes. C’est à travers l’épreuve sacrificielle le passage où l’homme apprend à se détacher de lui-même pour s’ouvrir réellement à la transcendance. L’alliance est la 4ème étape.

 

Ces chemins des commencements initiatiques sont expérience d’autrui, accomplissement de sa propre transcendance et non pas confort narcissique du repliement sur soi.

 

 

Il y a ce même paradoxe de la F \M\, commencée dans la solitude de l’individu avec le connais-toi toi-même dans la descente de la colonne B\, dans l’intimité d’une expérience secrète et personnelle, elle se découvre, un jour, authentique-expérience-collective et devient ouverture sur la société. C’est à ce moment-là que se joue l’enjeu historique qu’elle porte en elle. En effet, il ne s’agit pas d’un changement qualitatif (une nouvelle association), mais d’un réel saut qualitatif à travers lequel une nouvelle logique se met en place et qui exige de ceux qui viennent à elle, de ne plus se comporter comme s’ils étaient toujours dans leur intimité, mais au contraire de prendre conscience de l’effet social de leur démarche et des implications qu’elle prend pour la collectivité.

 

 C’est la dimension « politique » de l’esprit de la F \M\qui est en question ici ; c'est à dire sa capacité à vivre dans la cité et à s’y développer, sa capacité à être un modèle d’éthique et d’action. Aujourd’hui avec le cocooning, c’est plutôt le repli sur soi qui semble triompher, qui écarte plutôt qu’il n’accueille.

 

Ce serait une grave erreur d’appréciation que de voir dans les rites  de la Tradition une occasion de pouvoir, de conservation ou de confirmation d’un statu quo ante plutôt que de voir des obligations de créativité, des efforts, des structurations d’imaginaires et d’inventions. La F \M\ n’encourage pas la jouissance solitaire d’une situation mais l’exigence envers soi.

 

Le concept de Tradition est utilisé parfois pour asseoir une autorité et intimer le silence à ceux qui apportent avec eux l’élan créatif. La F \M\ prend tout son sens si elle crée un monde nouveau, si elle s’ouvre au XXIe siècle et non pas au XVIIIe , fut-il celui des lumières, si elle témoigne encore de la créativité de la parole pour l’humanité.

 

Pour cela il faut agir, créer, construire, écrire, dire, aider, et non pas se reposer. Les F.M. n’aspirent pas au repos. Il s’agit de continuer l’histoire. C’est en affrontant les défis de la fin du XXe que s’affirme l’esprit de la F \M\ , non pas en se repliant dans un royaume imaginaire d’illustrissimes et de purs symboles si merveilleux !

 

Quelle que soit la critique de la modernité, quoi que l’on fasse, nous sommes des hommes et des femmes modernes.

 

 Le choix de la F \M\ n’est pas le refus des autres philosophies au profit d’une pensée dogmatique, c’est-à-dire qui chercherait à imposer ses propres valeurs maç\, c’est au contraire une vigueur nouvelle de la pensée, de l’intellectualité aussi qui puise ses sources dans l’universel et la liberté. Ce qui fait la centralité de la pensée maç\, ce sont ses marges ; c’est la capacité de ceux qui y adhèrent de la faire entendre et comprendre à ses marges au monde profane. Que la parole maç\ devienne audible à son environnement, c’est cela son rayonnement. Une lumière ne rayonne que parce qu’elle parvient à l’obscurité et passe par l’obscurité pour se communiquer. L’universalité de la pensée maç\ c’est aussi son ouverture au monde, à tout le monde.

 

La F.\M \ est une communauté de témoignage de ce qui est inscrit au cœur du meilleur de l’humain. Elle s’abrite dans son unité cachée; mais au dehors les ténèbres attendent cette lueur de l’aube où la présence est imminente, attendue, espérée; et nous sommes tous comptables de la lumière à donner pour l’avoir reçue.

 

Poursuivons au dehors l’œuvre commencée dans ce temple.

 

 

Seulement, voilà : que signifie cette 1ère personne du pluriel de l’injonction « poursuivons » : VOUS, mes F\et mes S\et MOI ?  Le vén\\ qui prononce la phrase ? Ou bien NOUS tous ensemble ? Je, Nous ? C’est passer par le tissage d’un singulier à une communauté et il me semble qu’un projet  à visage humain, un pro-je maç\ réaliserait pour tous ensemble une des bases possibles sur laquelle s’érige les temples maç\

 

La reliance de l’Arbre de Liberté ne pourrait-elle pas se continuer, s’exister au dehors ?

 

Si notre Gd\ Exp\ fait promesse pour une chaîne d’union, il le fait, comme il l’avait évoqué dans une de ses planches, es qualité pour l’unité du groupe, pour la loge en tant que telle. Et pour moi, cette promesse permet d’interpréter la 1ère personne du pluriel comme un NOUS. Alors je propose ma réponse : de cette consigne, faisons une conscience ! Que notre resp\ loge entreprenne un projet. Choisissons le intellectuel, social ou à l’égard de quelqu’un; en France ou à l’autre bout du monde, là où  nous attend l'urgence.

 

Fixons les objectifs, les modalités matérielles et morales, et que l’Arbre de Liberté soit aussi un arbre de vie souché sur le rêve de la réalité.

 

C’est la vertu de l’hospitalité au sein du recueillement que je nous propose pour sceller, tous ensemble, notre alliance avec l’humain ; en somme pour habiter cette région cruciale de l’âme, où la fraternité s’oppose au mal absolu.

 

 

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Published by Solange SUDARSKIS - dans planches maçonniques
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