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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

1 - Voyages

 

 

S

 

 

avoir mourir comme Moïse devant la Terre promise, en sachant que l’important n’est pas tant d’y entrer que d’avoir marché vers elle avec un peuple à qui elle est destinée.

 

 

Voyager : « aller - vers », c’est s’orienter dans un mouvement, c’est faire prévaloir le sens (celui de la direction ou celui des significations).

 

 

 La promesse faite pour cette Terre, c’est le sens d’un monde-à-l’autre dédié ; c’est une destination éthique pour que l’homme puisse s’y accomplir.

 

 

Temple idéal ou terre promise ne découvrent leur lieu qu’en marchant sur les traces de cette poussière prise sur toute le terre, et dont fut constitué le corps de l’homme originel.

 

 

Les noms des voyages sont les noms propres des visages qui nous font face. Leurs présences nous obligent au mouvement de l’être vers l’être-pour-autrui ; de l’ontologique vers l’éthique.

 

 

Le départ est sans retour, spirale et non cercle pour dire oui à l’existence de l’autre, qui toujours est devant et non derrière (comme le croyait l’amour d’Orphée pour Eurydice ).

 

 

Voyager, c’est se déplacer du même vers l’autre, pour répondre à l’appel d’une terre aux sonorités sans limites, dans l’urgence d’oeuvrer pour l’équité, dans le oui au lointain et au proche.

 

 

Lekh lekha dit D. à Avram, ce qui signifie : va vers toi

 

 

Entre le départ et l’arrivée, entre l’initiation et l’accomplissement, le désert, l’océan, le chemin, des solitudes, des épreuves et le voyageur se transforme en pèlerin et l’errance devient traversée du monde orientée de soi vers l’autre, traversée de miroirs, qui menée à bien ouvre à l’itinérant l’accès de toutes les portes basses.

 

 

Par le passage par cet entre-deux, il peut alors se faire connaître comme le fils de la veuve, de la putréfaction, de D. , de l’Univers ; fils de ..., comme un esprit sorti de la confusion.

 

 

 

 

« Dire le Graal est vain » écrit Nietzsche « vers lui ne s’ouvre aucun sentier et nul ne peut trouver la route qu’il n’ait lui-même dirigé son chemin. Tu vois mon fils, ici, le temps devient espace ».        

 

 

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Published by Solange SUDARSKIS - dans planches maçonniques
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Daniel MULLER 30/12/2005 19:14

EVE, je ne sais si je dois te dire merci.
 


 

EVE, je ne sais si je dois te dire merci ; merci parce que tu as fais de nous, ta descendance, la possible image de Dieu ; merci parce que nous sommes possiblement en devenir à la ressemblance de Dieu grâce ou à cause de toi, c’est selon.

 

Revenons au commencement, à la création elle même et plus particulièrement à la création de l’homme :
 

 
 

Genèse 1, 26 :
 

« Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. »
 


 

Quelle est la signification de la phrase « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance » ?
 


 

Les Rabins se sont longuement interrogés sur la signification d’image et de ressemblance, mais aussi sur le pluriel «Faisons ». A propos du pluriel, une des hypothèses rabiniques est que Dieu s’adresse à l’homme lui même comme à un collaborateur qu’Il désigne et à qui Il fixe cet élément du projet : Faisons ensemble l’homme ; cette hypothèse peut s’avérer d’autant plus satisfaisante, d’autant plus recevable que Dieu demande à l’homme d’être à son image et à sa ressemblance ; il est donc plausible qu’il lui demande immédiatement de participer à sa propre création en tant qu’il doit lui ressembler. Naturellement il s’agit de l’homme « humanité » et non de l’homme individu qui a trop vite tendance à se prendre pour Dieu en première et trop simple lecture.
 


 

Genèse 2, 27 :
 

«Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. »
 

Tout d’abord ce verset doit enlever tout doute : Dieu n’est pas misogyne, Dieu a créé l’Homme humanité : masculin et féminin sans aucune hiérarchie. «La femme est un homme comme les autres » si je peux me permettre de citer un titre de Film me semble t il. Oui, la femme est un homme comme les autres même si l’on peut remarquer qu’elle est citée en second : « … , il créa l'homme et la femme. », car celui qui a encore un doute devra suivre la suite attentivement.
 


 

Genèse 2, 16-17 :
 

« L'Éternel Dieu donna cet ordre à l'homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » 
 


 

« Dieu donna cet ordre à l'homme », est une phrase qui pourrait laisser croire aux misogynes que Eve n’est pas concernée par cet ordre ; et dans ce cas ils devraient admettre, que n’étant pas concernée par cet ordre elle serait absoute du péché originel, ce qui n’est pas pour les arranger.
 

Au premier degré d’une simple lecture il s’agit d’un interdit de manger un certain fruit, il s’agit aussi d’une tentation faite à l’homme de consommer de la connaissance : ‘fruit délicieux’, mais il s’agit aussi d’une menace de mort si l’homme devait transgresser.
 


 

A première vue il semblerait qu’il y ait une contradiction entre le « Faisons ensemble », faisons l’homme ensemble, faisons l’homme à l’image de Dieu et l’interdit qui serait fait à l’homme de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, « car le jour où tu en mangeras, tu mourras ». Ne serait-ce pas plutôt une invitation à la liberté du choix du bien entre le bien et le mal, liberté du choix qui est conditionnée à l’épreuve de la mort, ne serait ce pas une invitation à l’initiation. Pour la menace de mort, il s’agit plus exactement de l’épreuve qu’est la prise de conscience de sa mort prochaine. En effet le premier homme n’avait, comme tout animal fraîchement créé, aucune conscience de sa propre mort prochaine.
 

L’homme à peine créé, l’obligation lui serait faite de transgresser pour lui permettre d’aller vers sa ressemblance à Dieu, et ce en se soumettant à une très lourde épreuve : la mort.
 

Ne serait-ce pas le choix fait à l’homme d’accepter de mourir à sa vie profane avec de multiples épreuves pour renaître à la vie d’initié ? La première des épreuves étant la prise de conscience et l’acceptation de sa propre mort.
 


 

L’intention Divine serait-elle ici de permettre à l’homme - individu - cette position privilégiée qui consiste à pouvoir choisir d’être de cet « Homme », de l’humanité collaboratrice de sa propre création ou bien d’être une créature animale parmi les autres ? Chacun, chaque individu conservant sa liberté de choix « être ou ne pas être ? ».
 


 

Genèse 3-4,5 : Le serpent dit à Eve :
 

«Vous ne mourrez point ;  mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.»
 


 

« … comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » est à rapprocher de « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance ».
 

C’est un clin d’œil fait par Dieu à l’humanité  par ‘serpent’ interposé; et ce par le truchement de Eve ; notons au passage que  l’animal ‘serpent’ est de réputation peu sympathique depuis ce jour mais nous y reviendrons plus tard. Ce que dit le serpent « Dieu sait que,… » est une évidence, et c’est ce rappel de l’évidence qui guide Eve vers la transgression : « Dieu sait que,… », et elle se souvient que Dieu lui fit aussi injonction en tant qu’elle est un Homme comme les autres : « Faisons l'homme à notre image »
 


 

Genèse 3-6
 

« La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea. »
 


 

N’en déplaise à certains, c’est donc Eve qui comprend la première, grâce au serpent, le choix que Dieu propose avec le prix des épreuves  à payer ; c’est elle qui, à la réflexion : « qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence »,  «  prit de son fruit, et en mangea » sans autre hésitation, « elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle », et Adam lui même sans autre hésitation «  en mangea. »
 

C’est elle qui a fait ce choix difficile la première; c’est elle qui a admis la première que le fruit « était précieux pour ouvrir l'intelligence » et finalement c’est elle qui accepte la transgression ; sans hésitation, mais après réflexion et ce pour mieux obéir à l’injonction divine : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance ». C’est elle qui souhaite que son couple, et vraisemblablement sa descendance,  deviennent ressemblants à Dieu, à l’image de Dieu car « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
 

Adam n’est pas pour autant le demeuré que l’on pourrait croire, qui s’est laissé séduire par Eve la pécheresse, et qui, sans réflexion aucune, a consommé le fruit défendu tendu par celle-ci. Il était auprès d’elle (« … ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle »), il a donc suivi toute la scène jusque et y compris la réflexion de Eve à propos du fruit qui «était précieux pour ouvrir l'intelligence », et en Homme libre et de bonnes mœurs « il en mangea. »
 


 

Il semble que l’on puisse vraiment s’éloigner de la notion primaire du péché originel par lequel nombre de religieux ont plongé beaucoup d’hommes et de femmes dans le bain d’une culpabilité infondée. Comment a-t-on pu croire qu’il s’agissait de perversité transgressive, de séduction féminine à faire le mal, et comment n’a-t-on pas lu ce qui est écrit, seulement ce qui est écrit sans ce mauvais procès d’intention fait à un Dieu tentateur.
 


 

Oui le premier couple d’Homme, Eve et Adam, ce premier couple a compris l’injonction de Dieu : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance », oui le premier couple d’Homme, Eve et Adam, ce premier couple a compris l’épreuve proposée : « ; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Eve et Adam ne sont morts immédiatement et volontairement qu’à la vie profane, vie qui ne prédispose pas à la connaissance et qui ne prédispose pas à la recherche de la lumière, vie qui est dans les ténèbres ; Adam en particulier a vécu bien longtemps après la naissance d’Abel et de Caïn :
 


 

Genèse 5-3,5
 

« Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. Les jours d'Adam, après la naissance de Seth, furent de huit cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours qu'Adam vécut furent de neuf cent trente ans ; puis il mourut. »
 


 

Les descendants du premier couple sont « à sa ressemblance, selon son image », et donc relativement à Dieu aussi « à sa ressemblance, selon son image » :
q       chacun d’entre nous, femme ou homme, a l’aptitude ou non d’entendre le sifflement du serpent, qui a peut être été la première intuition féminine (vous voyez je reviens au serpent),
q       chacun d’entre nous a le libre arbitre de penser ou non, à propos du fruit de la connaissance, « qu'il est  précieux pour ouvrir l'intelligence »,
q       chacun d’entre nous a le libre arbitre, à propos de la mort, de s’y soumettre ou non comme épreuve pour espérer la lumière, lumière qui est le noyau du fruit de la connaissance.

 

L’homme n’est pas encore créé, il est en devenir, l’homme est en cours de création. Dieu a décidé de faire l’homme avec la collaboration de l’homme, il a décidé que Lui et l’homme feraient l’homme « à sa ressemblance, selon son image ».
Comme individu de l’humanité, j’ai donc une lourde, très lourde responsabilité.
EVE, je ne sais si je dois te dire merci ; merci parce que tu as fais de nous, ta descendance, la possible image de Dieu ; merci parce que nous sommes possiblement en devenir à la ressemblance de Dieu grâce ou à cause de toi, c’est selon.
Maintenant, je te dis merci.

 


 

J’ai dit Vénérable Maître.