III
Ils n'ont pas attendu
ton sourire
Ils ont lancé leurs pierres avant
Stupeur :
tu pouvais être ailleurs lumière
morte pour eux
ce sang sur ta lèvre
ne veut pas dire…qui oserait ?
que tu nous a privé de tes soleils
IV
Il faut engranger nos bonheurs
avant qu'ils ne demandent leurs part
ou bien
ils guetteront au coin du champs
Notre sang
giclera sous leurs fourches
ils nous mutileront
à coups d'éclat de rire
V
Ils ont égorgé ta pensée
gaulé les étoiles
Ils t'ont remis le joug…
Au sillon quotidien
Tu n'auras plus jamais le choix
Ils ont fermé - des oiseaux meurent
Tous les chemins
LES EAUX BLONDEs
Apre bonheur
il faudra mesurer à l'aulne des matins
la rude étoffe des absences
ne pas trembler
Les tournesols ont cessé de danser
immobiles
les choses pèsent d'éternité
on a cloué le soleil au ciel
N'écoute pas
ils ne savent rien de l'aurore
les eaux claires sont douces à boire
le faucon n'attend qu'un signe
Marquer au cœur
De quelle eau parle la fontaine
de quel pays le vent
de quel hiver es tu l'esclave
Quand vivrons nous l'âme des choses
Du soleil ou de la mort
qui marche à tes côtés
Venus de la forêt des peurs
Des bruits de feu brûlent encore
Verrons nous le pays des sources ?
Au droit - fil des vignes
songer
aux dieux fous qu'il faudra prier
pour qu'à nouveau tu danses
au retour fabuleux des geais et des mésanges
LES CAILLOUX BLANCS
Résister au destin
la mort acceptera
tous les gestes de vivre
Ne pas cueillir
le fruit qui veut mûrir encore
aimer en patience
Se souvenir espérer
frontières d'un mal ou d'un bonheur
pas à genoux
Tant de sel
pour l'aube de nous connaître
Nuances
ne pas habiter sur la peau des choses
Entrer
Les pervenches n'ont rien à dire
croire au mystère de la saison
- seul
Si les murs ont la parole
ils parlent de prison
Rêver à la mer
Des images font leur chemin
résonances
cent fois revivre - non contraints
Pour une colline
un frisson de fleur d'amandier
Remettre en cause
Non pas penser au bonheur
mais à vivre
Habitudes
ce poids de souffrance n'est fait
que de contredire son âme
Marcher jusqu'au bout du désert
le myosotis attend
Laisser l'épée
il suffira de l'âme pour n'être pas esclave
Commentaires