8 - Libres propos sur
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nitialement, le titre prévu de la planche était : « Parole d’orateur » qui s’est retrouvé par l’intermédiaire de notre vén\M\ comme « propos d’un orateur » pour devenir ce soir « Libres propos sur la parole » .
Un jeune homme alla trouver son Maître et lui dit : « Puis-je te parler ? »
Le Maître luis répondit : « Reviens demain, nous parlerons ».
Le lendemain, se présentant à nouveau à lui, le jeune homme lui dit : « Puis-je te parler ? ».
Tout comme la veille, le Maître lui répondit : « Reviens demain. Nous parlerons ».
« Hier, je suis venu, répondit déçu, le jeune homme, et je t’ai posé la même question. Refuses-tu de me parler ? »
Depuis hier nous dialoguons répondit en souriant le Maître. Est-ce notre faute si nous avons tous deux de mauvaises oreilles ?
Dans un article de Libération intitulé « La communication sans paroles » Valère Novarina écrit : La parole n’échange aucun sens mais ouvre un passage. De l’un à l’autre elle est notre passage à l’intérieur des mots : notre ouverture à l’intérieur des mots, notre voyage est la façon que nous avons de passer avec eux. Toute parole que nous échangeons transmet avec elle le secret de la parole.
Il y a un passage secret entre nous dans l’échange parlé.
La parole ne se communique pas comme une matière marchande, comme une denrée, comme de l’argent ; elle se transforme, elle passe et elle se donne. Vivante de l’un à l’autre, la parole passe entre nous et se transforme de nous avoir traversés.
C’est le don de parler qui se transmet : Le don de parler que nous avons reçu et qui doit être donné. Le don d’ouvrir par notre bouche un passage dans la matière de la mort ?
Parler est l’aventure de nous dire aux uns les autres ce qui peut être dit. Très précisément chaque mot désigne l’inconnu. Le silence le plus profond est une parole, de même l’immobilité vraie un mouvement.
C’est que le vrai mystère n’est ni ténébreux, ni voilé mais une lumière extrême jetée sur soi. Et plus loin il écrit encore : Toute notre vue est parlée.
C’est un autre monde que nous verrions si nous avions d’autres mots. Tout le visible est un renouvellement perpétuel de paroles.
L’initié sait que même la pensée est un fluide qui se répand, forme et transforme. C’est pourquoi, ici surtout, il faut purifier tes intentions et ton cœur. Que le bien seul oriente ta volition
Grillot de Givry
Art. 26 des règlements généraux du Droit Humain : Il est écrit :
L’orateur est le gardien et l’organe de la loi, et plus loin il est écrit, dans toutes les circonstances il est l’organe de l’At\ Cette insistance sur le rôle d’organe, (qu’il faut entendre comme la voix, bien sûr, puisqu’il est écrit aussi, il est chargé de porter la parole) me questionne. La voix pour quelle voie ?
La parole est une structure vivante, qui devient partie intégrante de la durée du vécu de tous, de même au cours de son élaboration en tant que texte elle est partie intégrante de la durée de l’auteur.
Si l’un de vous lisait mes planches d’accueil d’orateur, il se pourrait que le résultat fût différent, et même que l’interprétation que vous en donneriez du moment ne correspondît pas à la mienne.
J’ai donc fait entrer ma parole dans un texte, sinon dans un cadre, du moins dans un espace qui est le mien et non le vôtre. Mais celui qui parle, qui lit un texte n’est il pas aussi un orateur ?
La parole d’un orateur est créée de son souffle et cette création, pour lui, est en même temps son accomplissement et sa limite, puisqu’il ne peut se substituer à nous dans son interprétation, ni ne peut nous imposer la sienne. Mais en créant ainsi, se fait l’expérience directe, physique de l’unité du corps et de l’esprit, de leur continuelle interaction symbolique
A chaque instant d’une planche, la planche est toute entière contenue dans cet instant et la portée finale n’est pour ainsi dire que l’étalement, le repos ou l’extension d’une énergie qui ne fait que progresser à travers l’acte de dire jusqu’au moment où le « J’ai dit » l’apaise.
Souvent en lisant mes planches d’orateur j’ai une impression physique d’euphorie, de dilatation correspondante à la genèse, à la montée du sens que j’essaye de vivre moi-même et de faire sentir à travers les mots.
C’est vouloir tendre vers un accord, vers l’égrégore avec les récipiendaires, les FF\ et les SS\ présents, un accord difficile d’autant plus qu’ils se situent à plusieurs niveaux d’expérience. C’est déjà à plusieurs niveaux d’expérience que je recherche l’accord avec moi-même, et à ces niveaux s’en ajoutent d’autres, avec vous, avec le monde.
Chacun de nous est un vivant dans sa durée propre, une forme en train de se développer, de s’accomplir; et c’est dans une métamorphose continuelle en nous, autour de nous, qui fait pression sur nous et nous oblige à rechercher sans cesse la proportion juste, que j’ai puisé des thèmes tels que le symbole, le symbolisme,
La parole, celle de l’orateur, a une force physique incontestable. Elle est essentiellement le physique de l’âme de la loge, indissociable de celle-ci. Ceux qui sont sensibles, et comment ne pas l’être dans cette caisse de résonance cosmique qu’est le temple à couvert, non pas seulement au verbe mais à son caractère incarné, reconnaissent cette incarnation dans le rythme énergétique des mots. Le vocable constitué par la voyelle et la consonne, par de la chair et de l’os, par de la dureté et de la tendresse, et par les subtiles proportions qu’elles produisent entre les sons, le vocable saisit le monde pour en prendre du sens et se prendre avec lui. Certaines formes du dire sont à la fois les plus objectives possibles et les plus profondément symboliques. L’orateur propose un système énergétique et progressif, le mouvement initiant en tant qu’ouverture d’acheminement. C’est vouloir au nom de l’At\ amorcer une montée dans une spirale de plus en plus large, de plus en plus fraternelle, dans un élément de plus en plus transparent de vérité, pour viser le delta, là où toutes les espérances sont possibles, là où règne la conscience de la lumière.
Mais l’élément essentiel de la parole de l’orateur, en tant que matière, est le silence qui se fait en elle et autour d’elle. En la parole est aussi le silence, le rythme n’existerait pas sans le silence.
La parole de l’orateur est une énergie combative, positive de la pensée qui cherche désespérément à s’incarner dans le Tout. Derrière toute recherche verbale, ce qui est enjeu de spirituel est peut-être l’abolition de cette distance intérieure, de cet ordre de la séparation qui est l’ordre apparemment réel où nous vivons et que par toutes sortes de voies, dans l’art et la connaissance, nous tentons de dépasser.
Mais je n’ai jamais oublié que cette parole, ce silence, se devaient d’être tournés vers l’autre, le récipiendaire, le F\ou
Le texte de l’orateur est une éducation au sens de conduire au dehors du chemin déjà tracé (ex ducere) et une libération. La parole nous offre de faire en nous l’effort de libération, d’ouverture, de création, c’est une pédagogie de la liberté que propose la prise de parole en loge car si tout ne peut être dit, ici, il me paraît évident que tout peut être entendu.
Cette expression libérée, nous en avons tous besoin. Tous, nous devons nous exprimer le moment opportun, car notre subjectivité n’a de sens qu’en osmose avec celle de l’autre dans une dynamique de significations.
Elle ne revient à nous, afin de nous nourrir et nous faire prendre conscience de nous-mêmes que dans la mesure où elle rayonne dans un milieu fraternel, milieu de relations complexes où notre présence totale est signifiée par nos gestes, notre parole, mais aussi par notre façon d’accueillir avec un certain degré d’ouverture d’esprit, de chaleur humaine, tout un ensemble de richesses qui sont en nous sans que toujours nous ne les connaissions et dont la convergence constitue l’ébauche progressive de notre forme de maçon. C’est en fait apprendre aussi à s’aimer soi-même dans une perspective de don gratuit.
Il convient de reconnaître la vertu libératrice de la parole, de cette parole symbolique, prophétique, obscure mais qui peut s’illuminer par une re-création de l’esprit de l’autre.
L’orateur est tout entier constitué par sa parole, partie intégrante à ce moment de sa chair, de sa vie, plus intérieure que tous ses organes du dedans. Il lui est donné d’être incomparablement un être libre. L’essence de la vérité est liberté dans laquelle l’autre est seulement un possible, jamais une certitude. La liberté est un contrat entre l’homme et le monde, entre l’homme et l’autre homme.
Que la parole ne domine pas, ne manipule pas, qu’elle ne méprise pas. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel font obstacle à la couleur blanche de l’idéologie. Je n’enfermerai pas l’autre dans un concept déterminant a priori, alors me sera rendue ma propre indétermination, ma propre liberté. Laissons éclore un dynamisme de significations dans cette parole parlée devenue parlante et qu’elle nous rassasie comme une manne.
Et le matin il y eut une couche de rosée autour du camp. La couche de rosée s’éleva et voici qu’à la surface du désert il y eut une mince croûte, mince comme le givre sur la terre. Les fils d’Israël le virent et se dirent l’un à l’autre Manhou? (qu’est-ce?).
La maison d’Israël l’appela du nom de manne.
La manne, le qu’est-ce est littéralement la question, le questionnement. Le ma de manne se retrouve comme attitude interrogative primordiale dans le Adam, ma qui fait de l’homme préhistorique l’homme en question.
N’est-ce pas dire aussi que le savoir absolu n’existe pas et que le maître a toujours un côté disciple ?
L’éthique d’une parole en loge est une prise en charge responsable du monde par un être présent et parlant, faisant échec à l’inhumanité de la vérité unique et posant au devant de ses F\ et S\ l’infinité des opinions possibles où se reflète le débat des hommes sur le monde.
Lorsque le Zohar dit que l’homme est un « ma », un quoi, une question permanente, qu’en elle réside la dignité de l’humain, cela signifie que la capacité de s’arracher d’un sens pré-imposé est la dimension même de la liberté. La parole se fait alors caresse.
La caresse découvre une intention, une modalité d’être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître.
La caresse n’est pas un savoir mais une expérience, une rencontre. La caresse n’est pas une connaissance de l’être mais son respect.
La caresse est un concept ou plutôt un anti-concept qu’Emmanuel Lévinas introduit en philosophie en 1947 dans « Le temps et l’autre ». Il écrit : " La caresse est un mode d’être du sujet où le sujet dans le contact d’un autre va au-delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière ".
La caresse est un relativisme, un scepticisme sans nihilisme. Pour la philosophie de la caresse, tout est interprétation. La loi, cette parole du groupe, devient alors une norme et non un dogme, une norme qui déploie un projet collectif.
La loi est mythique, symbolique, activité sociale d’échanges, source à la fois collective et individuelle qui définit un champ commun à une société et aux individus qui la composent.
Et dans ce champ qui est notre loge, se fertilisent par la parole ces questionnements qui font de chacun de nous un arbre de liberté. Je le dis.
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enir vers
Je pourrais même dire que cela comporte des étapes, des stations dont on retrouverait un exemple dans le cheminement abrahamique de Ur jusqu'à Canaan. Ce cheminement comporte des épreuves qui sont à vivre dans le rapport à l’environnement et dans le rapport à soi-même.
A Ur, Abraham s’arrache d’un monde où tout est compté, pesé, mesuré : l’arrachement 1ère étape. Pour cela il a besoin de se recueillir. Dans ce recueillement qui est absence au monde extérieur, il y a la descente pour écouter la voix qui parle au dedans, alors il y a l’accueil, l’hospitalité. En se retirant de l’extériorité profane, on lui donne un abri. Le recueillement est la 2ème étape. Puis Abraham apprend à vivre en témoignant dans l’absence comme si c’était de la présence. Il est le témoin qui soutient un événement qui s’est passé et ne se voit plus. A chaque migration, à chaque épreuve, il garde confiance et avance comme une étoile dans un monde qui s’éteint. La persévérance est la 3ème étape. Et puis arrive l’enfant et le sacrifice à consentir.
Il est appelé à briser son narcissisme, son égocentrisme et à renoncer à la tentation d’adorer un Dieu qui ne serait que la projection de ses désirs et de ses attentes. C’est à travers l’épreuve sacrificielle le passage où l’homme apprend à se détacher de lui-même pour s’ouvrir réellement à la transcendance. L’alliance est la 4ème étape.
Ces chemins des commencements initiatiques sont expérience d’autrui, accomplissement de sa propre transcendance et non pas confort narcissique du repliement sur soi.
Il y a ce même paradoxe de
C’est la dimension « politique » de l’esprit de
Ce serait une grave erreur d’appréciation que de voir dans les rites de
Le concept de Tradition est utilisé parfois pour asseoir une autorité et intimer le silence à ceux qui apportent avec eux l’élan créatif.
Pour cela il faut agir, créer, construire, écrire, dire, aider, et non pas se reposer. Les F.M. n’aspirent pas au repos. Il s’agit de continuer l’histoire. C’est en affrontant les défis de la fin du XXe que s’affirme l’esprit de
Quelle que soit la critique de la modernité, quoi que l’on fasse, nous sommes des hommes et des femmes modernes.
Le choix de
Poursuivons au dehors l’œuvre commencée dans ce temple.
Seulement, voilà : que signifie cette 1ère personne du pluriel de l’injonction « poursuivons » : VOUS, mes F\et mes S\et MOI ? Le vén\ M \ qui prononce la phrase ? Ou bien NOUS tous ensemble ? Je, Nous ? C’est passer par le tissage d’un singulier à une communauté et il me semble qu’un projet à visage humain, un pro-je maç\ réaliserait pour tous ensemble une des bases possibles sur laquelle s’érige les temples maç\
La reliance de l’Arbre de Liberté ne pourrait-elle pas se continuer, s’exister au dehors ?
Si notre Gd\ Exp\ fait promesse pour une chaîne d’union, il le fait, comme il l’avait évoqué dans une de ses planches, es qualité pour l’unité du groupe, pour la loge en tant que telle. Et pour moi, cette promesse permet d’interpréter la 1ère personne du pluriel comme un NOUS. Alors je propose ma réponse : de cette consigne, faisons une conscience ! Que notre resp\ loge entreprenne un projet. Choisissons le intellectuel, social ou à l’égard de quelqu’un; en France ou à l’autre bout du monde, là où nous attend l'urgence.
Fixons les objectifs, les modalités matérielles et morales, et que l’Arbre de Liberté soit aussi un arbre de vie souché sur le rêve de la réalité.
C’est la vertu de l’hospitalité au sein du recueillement que je nous propose pour sceller, tous ensemble, notre alliance avec l’humain ; en somme pour habiter cette région cruciale de l’âme, où la fraternité s’oppose au mal absolu.
6 - Le myste et le poste à galène
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ne S\ m'a offert ce lundi une carte postale, reproduisant le tableau «
Mais c'est l'illustration même du myste et du poste à galène lui dis-je! Elle me désigne alors la femme silencieuse et me dit: c'est elle l'app\ qui écoute, là est le M\ parce qu'elle enseigne en lisant. Et je lui répondis: Peut-être pas, le M\ doit aussi être à l'écoute de l'app\, on ne peut dire qui enseigne l'autre.
Ne pas cueillir le fruit qui veut mûrir encore,
Ecouter en patience.
Le M\ est parfois un guide pour l'app\
J'ai cheminé ainsi, quelque peu, avec l'app\ M.A. et de nos voyages au cœur des choses, je vous rapporte quelques feuillets de mon carnet.
C'était un jour de plein été. Il avait plu. Malgré l'averse tumultueuse, elle était venue et maintenant, sur le pas de porte, trempée, elle me regardait avec cet étonnement qui lui ouvre les yeux de ce sourire attentif qu'elle a chaque fois qu'elle me parle.
Salut, petit myste deviendra grand, pourvu que maître lui prête attention.
Tu n'étais pas obligée de te mouiller à ce point pour revivre ton initiation par l'eau, tu sais chez nous, on est délicat, le bout du doigt suffit. Tu t'en souviens ?
Elle entra dans mon après-midi avec son incessant questionnement et nous installa sans préambule dans nos échanges aussi avidement que d'habitude.
Cela suffit-il vraiment ? De toi à moi, alors cela voudrait dire qu'il ne s'agit pas d'une épreuve mais d'une ablution. On est loin d'épreuves dans l'eau à n'en plus pouvoir, d'immersion totale, de courants qui emportent jusqu'aux métaux, voire même dans le cas d'un petit bain de minuit en Afrique d'une traversée de rivière au milieu des crocodiles ou des piranhas. D'autres initiations imposent pourtant cette vérité de l'élément eau.
Ainsi Gérard de Nerval, dans le voyage en Orient, narre l'épreuve de l'eau lors de l'initiation d'Isis.
Au-delà se trouvait une rivière qu'il fallait traverser à la nage. A peine, le néophyte avait-il atteint le milieu, qu'une immense agitation des eaux, déterminée par le mouvement de 2 gigantesques, l'arrêtait et le repoussait. Au moment où ses forces allaient s'épuiser, il voyait paraître devant lui une échelle de fer qui semblait devoir le tirer du danger de périr dans l'eau. Ceci était la 3ème épreuve.
A mesure que l'initié posait un pied sur un échelon, celui qu'il venait de quitter se détachait et tombait dans le fleuve. Cette situation pénible se doublait d'un vent violent qui faisait trembler l'échelle et le patient à la fois.
Le danger et le bien-être, la paix et l'effroi, l'inconnu face auquel on se mesure nous sont donc épargnés. Est-ce à un ramollissement de nos mœurs que je dois d'être indemne ?
Notre rapport aux éléments, à l'eau comme à l'air, au feu, à la terre, lors de l'initiation est de nature spéculative. Cela nous donne la possibilité de nous éviter les vraies confrontations entre nous, nous-mêmes et le cosmos. On parle, on bavarde, on raconte, on se raconte. On ouvre aujourd'hui le transistor sur radio- énergie sans pour autant se revivifier. Autrefois il y avait un risque réel à se brancher sur certaines stations "Ici Londres". Je ne te parle même pas du temps où Abraham ou Moïse se connectaient directement avec radio-Adonaï. Les bienheureux ! Pour eux comme pour leurs amis du moment, de tels contacts étaient bouleversants et chaque fois il y avait un avant et un après la parole entendue. Entre le bruit et le message, il y a ta conscience à l'écoute qui en fait la différence. Cela dit, l'ablution du bout des doigts n'est pas pour me gêner. On peut toujours agir après s'être interrogé sur une signification symbolique.
Demande à notre F\G. avec sa spéléologie, à ceux qui font du raft, ceux qui s'abreuvent d'un peu d'eau dans le désert.
D'ailleurs je préfère notre rite à celui du baptême…l'ablution du bout des doigts, cela signifie aussi ta corporéité et cela dit que les mains, en palpant ce qui est extérieur au corps, captent par leur prédisposition la souillure, mais aussi la purification. Elles sont comme des antennes.
Les tremper dans l'eau, c'est faire reconnaître à l'impétrant son désir de pureté, sa volonté de pureté en venant vers
Encore faudrait-il définir ce mot. Regarde ! Je pose mes mains sur les tiennes. Suis-je souillée ou purifiée par ce contact et toi?
Je dirai en tout cas que c'est bon, que je me sens attachée par un lien d'affection, le problème n'est pas la pureté mais l'élan vers ce qui me paraît être le bien.
Au fait, après mon initiation, le soir même, en salle humide, j'ai vu des décors maç\ à vendre sur lesquels sont brodés des lettres et des symboles. J'interrogeais une S\ ou un F\sur la signification du M\ et du B\ et sur les autres figures géométriques que l'on retrouve sur les tabliers des M\ en loge. On me dit alors: ce n'est pas de ton grade ! Je me suis sentie exclue par ce silence abrupt sur une question qui, a priori, ne semblait pas inopportune, dans la mesure où cela m'est donné à voir. Que veulent dire M\B\ ?
Puisque tu sembles connaître le voyage en orient de Nerval, cela t'est totalement développé dans les nuits du Ramazan. Mais tu n'as pu associer les explications avec ces lettres, car tu ne sais encore à quelle circonstance exacte elles se réfèrent. C'est le problème de la dissimulation du sens. Le langage voilé t'est annoncé dès le début de ton initiation: Ici tout est symbole. Paraboles, allégories, mythes, rites, figures, cérémonies sont donnés ouvertement à lire mais surtout à déchiffrer.
Supposons que je te donne ma lecture d'un mystère, avec ma respiration, ma tonalité, mon histoire. Ce que je te donne à comprendre, c'est mon interprétation, donc c'est moi que je te donne à interpréter. Exit l'objet de ta question, bonjour, à travers le plaisir de montrer que l'on en sait un peu plus, l'égotisme ! Allons plus loin. Supposons que je puisse te donner une explication purifiée de moi-même, sans que je m'y projette, que crois-tu que tu obtiendrais ? Une coïncidence du signifié et du signifiant, du mot et du sens. Non mon myste ! Car les mystères enfouis ne sont pas dissimulés derrière un petit cache-secret. Il y a entre eux et nous les voiles de notre être qui créent une opacité qui nous est propre. En somme à chacun sa myopie sur la vérité à travers les lunettes de sa réalité.
Le même mystère, vu par chacune de nous deux, c'est comme un jardin suspendu, en dessous, au milieu, au-dessus duquel on se promènerait. Chaque terrasse, pour qui se déplacerait, par effet de perspective, offre certaine images, mais revue de la terrasse supérieure procure de nouvelles révélations, de sens parfois opposé, et chaque degré du même jardin parle ainsi plusieurs langues différentes au même moment. Moi je ne puis te transmettre que ce qui s'exprime et ce que je vois ici te maintenant. Mais tu prennes un risque, celui de ne voir le jardin que d'un point de vue. Ce serait dommage que je rétrécisse ton monde, le monde à un petit taillis.
Et maintenant voici ma réponse à ta question.
Que dirais-tu à un profane qui te demanderait de lui expliquer ce que signifie le B\ qui est sur l'une de nos Col\, te le montrant sur une gravure allégorique, comme on en faisait autour de 1789 ?
Je lui répondrai bonbon, Bernachon (chocolatier lyonnais), bijou, baba au rhum, bichon, bonjour, bisous, tout plein de mots très doux et très sucrés. Ce serait tout de même dire, sans le lui dire, mon plaisir d'être un app\ F\M\
Tu vois comme c'est simple. Tu as répondu à ta propre question.
Avec sa gourmandise de comprendre elle insista.
Explique moi alors comment chercher où avancer vers ce que veulent dire M\B\ placés sur les tablier des M\
Et parce qu'une question ne doit pas rester sans réponse, mais parce qu'une question doit aussi être un questionnement, je tentai une autre approche.
Selon les rituels, on prononce les mots correspondant à ces initiales de manière différente mais cela évoque de toute façon le sens même du passage à la maîtrise, c'est à dire que ces lettres indiquent les voies mystérieuses par lesquelles l'homme peut s'alchimiser en initié. En tant qu'app\, il apprend à naître, en tant que comp\, il apprend à vivre et en tant que M\ il apprend à mourir. Avoues cela n'aurait aucun sens que je te montre ces voies aujourd'hui. C'est comme si tu vivais ta cérémonie d'initiation en ma seule présence. Je ne puis faire office de loge. Il faut 7 M\ pour qu'elle soit juste et parfaite.
A moi seule, je ne puis te guider vers tout ce que tu dois attendre de vivre dans nos ateliers, surtout à travers le rituel et le temple tout entier.
En attendant, cherche la signification ontologique de la croix, l'énigme des hexagrammes di Yi-king, la cosmogonie hébraïque cachée dans l'arbre des séphiroth et d'autres chemins encore de connaissance. Les gnoses ont une convergence qui va dans le même sens que les lettres M\B\
Je lui indiquai alors quelques ouvrages, ardus certes, mais qui avaient fait palpiter un peu plus fort le cœur de ma pierre. Mais surtout je lui évoquais mes rencontres avec des êtres très forts et très libres.
Qu'ont-ils en commun ? Ce qu'ils ont en commun, c'est qu'ils me semblent ouverts sur un monde plus infini que le mien. Ils sont capables de voyager, entre blanc et noir sur le fil bleu, comme dans un espace illimité. Ils m'ont donné des clefs, mais je ne peux te raconter quelles portes je tente d'ouvrir avec elles. C'est encore trop intime, pas suffisamment mûri, pour que je puisse te restituer quoique que ce soit. Mais, cela travaille en moi, agit, m'agite vers ce que je sens confusément comme une très grande force de plus de sérénité, de moins de contingences, de plus de vérité de moi-même.
Je me tus quelques instants pour me mesurer à l'aulne de mes ignorances, de mes incapacités, sentant bien que le véritable apprentissage était encore à venir. Je me justifiai à haute voix.
Trop de social, trop de psychologique, trop d'égarements et de sollicitations du quotidien. Je crois qu'il y a des castes qui nous emprisonnent dans leur propre logique, comme des corporations psycho-socio-économico-intellectuelles. Tu vois, c'est facile d'être hypocrite, c'est plus difficile de jouer les existentialistes, enfin je veux dire d'être vraiment libre. Il faut tant de courage, tant d'effort. La liberté, cela se mérite probablement; même si on n'a pas tous le même prix à payer pour l'actualiser à chaque instant de sa vie.
Comme à chaque fois que je l'obligeais par mes questions ou mes réponses, qui n'en étaient pas, à répondre à ses questionnements, je sentis en ma jeune amie se revivifier son impatiente curiosité et son plaisir de se sentir avancer vers un exhaussement de sa pensée. En mon for intérieur, je la remerciais de m'enseigner à mon tour.
Elle m'offrait, au niveau de ses interrogations critiques, un sens de la diversité et de la relativité, une difficulté et une précarité qui m'obligeaient à me chercher moi-même au-delà des réponses et de trouver pour nous deux une convergence supérieure.
Si je te dis, poursuivais-je: on ne mesure les hommes qu'après leur mort, cela peut vouloir dire que l'on ne prend les mesures pour le cercueil que sur les cadavres. Mais cela peut prendre, bien évidemment, d'autres significations. A nous de les inventer au sens de devenir, trouver, créer. C'est une interprétation par rapport à toi, par rapport à la nécessité de tes questions. C'est cela le symbolisme: la création d'un monde, le tien, au-dessus du monde et où tout est symbole mais qui découvre ta réalité profonde. Le symbole ne doit pas être recherché seulement dans sa signification; il doit l'être dans son pouvoir.
Le symbole informatif, le symbole inspirateur, le symbole intercesseur, le symbole magique et l'objet de manipulation, le symbole articulant les significations, le symbole participatif, le symbole inspiré, le symbole questionnant. Dire qu'en loge, tout est symbole, c'est affirmer que la liberté de pensée accordée à chacun est le fondement de l'Ordre Maçonnique et que cette relativisation résolue du sens conduit forcément à la tolérance.
Le symbolisme te permet de travailler à ta mesure pour aller vers ta liberté irréductible, celle dont les jugements, la conscience d'être, la vertu se situe au-delà de la multitude des conditionnements.
Devenir ce que l'on est. C'est ainsi que les ésotéristes parlent. Mais on ne devient ce que l'on est qu'en étant ce que l'on devient. Autrement dit, tu es une actualisation constante de toi-même. Une liberté qui se refuse ou qui agit, un devenir en germe de lui-même, un effort dans cet engagement vis à vis de toi seule, une persistance de cet effort. Cet engagement, que tu as voulu maç\, implique un certain nombre d'exigences et il n'est pas sans risque. Car se faire F\M\, c'est se mettre en questions.
C'est en fait s'interroger pour voir les choses autrement qu'on les avait vues, c'est essayer de vivre autrement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. Il te faut pouvoir renoncer au réconfort de l'opinion, au soutien de l'imitation, au secours de l'approbation.
Cet appareil doit cesser d'être suffisant pour le F\M\ L'initiation maç\, c'est l'apprentissage de l'autonomie, c'est l'appel de la liberté auquel ta vie toute entière sera la réponse. Tu t'es engagée pour prouver ta liberté, cette lente conquête de toi-même, par toi. C'est aussi cela devenir F\M\
Je sentis son désarroi devant l'amplitude de l'effort demandé; je n'étais pas moi-même un exemple. La légèreté de son être avait mal, la mienne un peu moins par manque de modestie sans doute. Ô ma petite S\ courage, tu te repris vite, sautant sur des mots dont tu ne soupçonnais pas encore la puissance.
Puisque la mort acceptera tous les gestes de vivre, le premier cadeau que je lui consens, je le lui ai déjà fait. Je suis morte avec plaisir sous le bandeau-linceul, mais je vais gaver la mort jusqu'à l'écoeurer de mes re-naissances incessantes, jusqu'à n'être que l'image de l'instant face à l'éternité.
Elle était, tout soudain, devenu grave. Ses propres mots lui résonnaient comme des symboles vivants. Je sentais en elle que les bonbons et autres friandises de sa col\ n'étaient plus qu'espiègleries vite dépassées. Elle avait envie de se forger une réflexion pour se tracer son chemin vers plus d'intensité et de présence à elle-même.
La maç\, quand tu en parles, c'est comme cela que je l'espérais. C'est à dire, c'est comme des mystères que je savais exister, que j'avais oubliés et que je sentais comme devant les découvrir ou redécouvrir.
Les symboles que je connaissais étaient ceux de la psychanalyse. Ils me paraissent tout à la fois semblables et différents de ceux de la maç\ Ceux de l'analyse sont réparateurs, ils servent à réparer, à reprendre des choses d'un passé personnel pour pouvoir vivre avec soi-même. Ceux de la maç\sont moins nombrilistes, plus tournés vers les autres, dans lesquels je me reconnais, ils ne sont pas seulement tournés sur notre propre histoire (pas toujours propre justement). Mais ils vont bien ensemble.
Et puis
Lorsque je questionne, je n'aime rien tant que de recevoir des réponses qui cheminent en moi. Alors dis moi…
Il y eut une joie profonde de nous partager et de nous renouer autour de nos échanges de questions. Nous avons ainsi paré le temps de la fleur de nos âmes tout le reste de l'après-midi. Longtemps après la nuit tombée, quand elle me quitta, à minuit, nous étions encore enveloppées des fils tissés dans notre soritude. En se refermant, la porte fit ce bruit qui fait un fruit qui tombe de l'arbre. Sa graine porte en lui l'espoir de devenir à son tour un arbre.
Ah au fait! La galène, dans les postes à galène, c'est un métalloïde qui a comme propriétés de redresser des courants ondulatoires de haute fréquence, captés par l'antenne de réception, pour les rendre audibles.
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otre attention peut se porter sur les différents genres du ternaire. Si trois termes peuvent se regrouper suivant des rapports très divers, il en est deux de ces genres qui nous enseignent et nous font mieux analyser les symboles porteurs du sens de l'ordre cosmique.
Si l'on compare ces 2 triangles, le second apparaît comme le reflet du premier, ce qui indique qu'entre ces ternaires, il y a analogie. Ces 2 triangles peuvent être regardés comme ayant le même base et si on les figure unis par cette base commune, on voit d'abord que l'ensemble forme un quaternaire (quatre termes distincts). Il y a symétrie verticale des sommets, le plan de réflexion, réflexion étant la base, c'est à dire le plan médian- où se situent les 2 termes complémentaires issus du premier terme (le sommet pointe en haut n° 1) et produisant le dernier terme (le sommet pointe en bas n° 4).
Les 2 termes extrêmes du quaternaire sont l'un et l'autre, par leur nature intermédiaires entre les 2 autres. Ils unissent et concilient en eux les éléments du complémentarisme, mais l'un en tant que principe qui se différencie en termes 2 et 3, et l'autre en tant que résultante qui réunit les natures de 2 et 3.
Il faut ajouter encore ceci: deux termes complémentaires peuvent être, suivant les cas, en opposition horizontale (2 et 3) ou verticale (1 et 4). L'opposition horizontale est celle de 2 termes qui se situant à un même degré de réalité sont symétriques sous tout rapport. L'opposition verticale marque, au contraire une hiérarchisation entre les 2 termes, qui tout en étant symétriques, doivent cependant être considérés l'un comme supérieur, l'autre comme inférieur. .
En effet l'Essence et
La manifestation se situe donc toute entière entre ces 2 pôles et il en est de même de l'homme qui, non seulement fait partie de cette manifestation, mais en constitue symboliquement le centre même et qui pour cette raison la synthétise dans son intégralité. Ainsi l'homme placé entre le ciel et la terre doit être envisagé comme la résultante de leur influences réciproques, et ensuite, par la double nature qu'il tient de l'un et de l'autre, il devient le terme médian ou médiateur qui les unit, en quelque sorte le pont qui va de l'un à l'autre. C'est l'aleph ou aspiration vers le ciel complété de dameth, la terre, c'est l'Adam étymologique!
Un point de rapprochement particulièrement remarquable entre la tradition extême-orientale (que je viens d'évoquer) et les traditions occidentales, est celui qui concerne le symbolisme du compas et de l'équerre qui correspondent manifestement au cercle et au carré, c'est à dire aux figures géométriques qui représentent respectivement le ciel et la terre.
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Conformément à cette correspondance, dans notre symbolique, le compas est normalement placé en haut et l'équerre en bas.
Il est dit: qu'un M\ maç\ se retrouve toujours entre l'équerre et le compas, c'est-à-dire au lieu même de l'invariable milieu. Le M\ est par là assimilé à l'homme véritable, placé entre le ciel et la terre et exerçant la fonction de médiateur.
Pour être accompli, le F\M\doit donc, en se plaçant au cœur des deux polarités verticales et horizontales, ré-intégrer dans l'unité les dualismes de sa nature et se placer ainsi au milieu de la croix cosmique, ethnique, affective et psychologique.
4 - Les Gants Blancs
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n peut caractériser une société traditionnelle par le fait que tous les individus de cette société s'y insèrent en une hiérarchie sociale harmonieuse qui permet de s'accomplir pleinement et de donner carrière aussi bien à l'exercice efficace d'un métier qu’à une réalisation spirituelle effective.
Dans l'histoire du costume, les gants sont, dans un premier temps, considérés comme symbole de déférence, de soumission, de loyauté en particulier. Dès les premiers temps du christianisme, il est d’usage de se déganter devant un supérieur. C'est une exigence que l’on retrouve tout au long des siècles : les juges royaux demeurent mains nues dans l’exercice de leurs fonctions, et on ôte ses gants pour entrer dans les Grandes et Petites Écuries du Roi-Soleil ; aujourd’hui encore, un homme se dégante pour serrer la main d’une femme. Se déganter est un acte de respect et on peut considérer que c'est sur ce registre que le F\M\ se dégante pour prêter ses serments.
C’est en acte de soumission que le gant est offert au roi, au Moyen âge, par ses villes vassales. Lors des cérémonies rituelles du couronnement en France, l’archevêque, en bénissant et en présentant une paire de gants au souverain, lui assure, par ce geste, possession de son domaine et loyauté de ses sujets.
En Occident, c’est vers le VIIe siècle que les gants deviennent des accessoires de luxe et donc de mode.
Les comptes d’Isabeau de Bavière mentionnent en 1408 des gants « brodés tout autour », Montaigne ne s’en serait pas plus passé que de sa chemise et Catherine de Médicis les offre en cadeau très apprécié aux dames de la cour ; ils sont alors en soie ou en cuir, si fins qu’ils peuvent être roulés dans une coque de noix, usage qui persistera encore au XIXe siècle, en Angleterre surtout, où la noix est pendue ostensiblement à la taille pour bien marquer la faveur royale. Henri III et ses mignons les affectionnent, pour la nuit, imprégnés de musc, ambre gris, civette et benjoin.
Laissons là les fioritures de l'histoire et revenons à nos gants blancs.
La première pensée qu'il me vient est que les gants blancs sont des masques de main.
Le directeur de la prison de
Que cachons nous sous nos gants ? Et bien je dirai que nous ne cachons pas, mais que nous essayons de dominer, comme avec la bavette remontée du tablier, nos pulsions les plus ténébreuses pour les tourner en lumière.
La tragédie antique masquait de blanc les acteurs. Cela permettait, outre l'identification cathartique aux personnages, la possibilité de laisser surgir le tragique c'est à dire de doubler les significations et les situations qui se rapportent à l'homme; mais à quel homme ? Ni à vous, ni à moi non plus, mais à l'homme en général, mais à une image de l'homme au centre de l'univers dramatique et c'est ce que l'on peut appeler une philosophie. Derrière le masque, qu'elle qu'en soit sa couleur, l'attitude ne réussit pourtant jamais à se dissimuler. Le blanc ne saurait suffire pour faire d'une main repliée dans son poing une main tendue. Eloge de
La main gantée de blanc c'est une main qui ne peut être que caresse.
La réflexion sur les fonctions du rituel a été profondément marquée par Durkheim, qui, utilisant des variables à la fois psychologiques et sociologiques (les «sentiments collectifs»), y a vu des expressions symboliques de l’unité d’une société et de ses valeurs fondamentales, expressions par lesquelles les individus se représentent la société dont ils sont membres.
Remarquons que dans le clergé seuls les évêques, archevêques et papes portent des gants et seul le pape les porte blancs.
Les gants blancs lissent notre identité commune et nous devenons comme semblables aux groupes de personnes qui mettent aussi des gants blancs rituels.
Ce gant blanc était l'attribut des tailleurs de pierre dans la tradition du rite de Salomon. Il signifiait que celui qui le portait était innocent de tout crime. Respect du compagnon pour la vie!
Mais comment un app\ pourrait être coupable de ce qu'il ne peut pas même approcher ? Faut-il alors n'évoquer pour le blanc des gants que les qualités profanes de pureté, de rectitude dans les actions, de respect de la parole donnée?
D'un point de vue initiatique nous savons que le blanc, étant la synthèse des couleurs de l'arc en ciel, évoque la lumière spirituelle. Le blanc, couleur initiatique, devient la couleur de la grâce de la transfiguration qui éblouit, éveillant l'entendement. Aux premiers temps du christianisme le baptême se nommait illumination. Et c'était après qu'il eut prononcé ses vœux que le nouveau chrétien, né à la vie véritable, endossait, selon les termes du Pseudo-Denys, des habits d'une éclatante blancheur, car, ajoute l'Aréopagite, échappant par une ferme et divine constance aux attaques des passions et aspirant avec ardeur à l'unité, ce qu'il avait de déréglé entre dans l'ordre, ce qu'il avait de défectueux s'embellit et il resplendit de toute la lumière d'une pure et sainte vie. Ne sourions pas trop car cela peut aussi s'appeler le perfectionnement de l'être, mais c'est la perfection qui reste à définir.
Le rituel est à considérer comme une sorte de code linguistique qui permet de découvrir, au-delà de la signification littérale des actes et croyances, leur signification « plus profonde»: les rituels sont des «énoncés symboliques sur l’ordre social », sur les valeurs fondamentales d’une société, des énoncés non analysables en termes rationnels, car ils se mesurent d’après d’autres standards et appartiennent à des registres cognitifs différents.
Les saint-cyriens en tenue d'apparat portent des gants blancs, symboles du savoir-vivre qui est savoir mourir, symboles d’une certaine société où honneur et panache sont inséparables.
Dans la tradition compagnonnique, le compagnon fini recevait avec ses gants de travail une autre paire de gants blancs, surnommée la clandestine parce qu'il la remettait à la femme de son choix qui n'était justement pas toujours sa femme légitime!
Les gants liturgiques, et les nôtres puisqu'ils appartiennent aux rituels, ces gants furent toujours à doigtiers distincts et non des mitaines. Chaque doigt relevant d'une symbolique planétaire particulière se devait en effet de conserver son indépendance pour laisser agir son rayonnement propre, son énergie et pour mémoire je vous rappellerai : Vénus en pouce, Jupiter en index, Saturne pour le médium, le Soleil avec l'annulaire et Mercure, le petit messager, à l'auriculaire.
Permettez moi une remarque sur la possibilité de pouvoir opposer le pouce à chacun des autres doigts. Voyez ! Le pouce aligné avec le reste de la main donne au salut une connotation qui vaut tout aussi bien, je devrais dire aussi mal, celle où le pouce disparaît dans la paume.
Le pouce à l'équerre nous préserve de la forme des totalitarismes.
Je retourne ma main, comme un miroir, j'y vois dans les doigts écartés, les cinq points de l'étoile flamboyante dans la lumière indéfinissable de l'électrum des anciens.
Léonard de Vinci a placé à l'entrée de son labyrinthe un gant de Notre Dame surnommé aussi églantine, fleur blanche à 5 éperons. Cette plante est connue des herboristes pour la guérison des maux d'yeux et pour l'amplification de la vision qu'elle procure. Quand le toucher devient délicatesse et tact, alors la vue devient vision et intuition, l'ouïe permet l'entendement de la voie intérieure, le goût l'appréciation des valeurs spirituelles et l'odorat unit l'intelligence au savoir.
Mettre des gants blancs, c'est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l'homme en être fraternel. Etre frère c'est avoir la même origine, être fraternel, c'est considérer toute vie comme équivalente d'une autre. C'est dépasser ses différences pour ne retenir que ce qui nous est commun ou partageable, c'est accepter l'autre pour lui-même, c'est ne pas vouloir, par une sur-conscience diminuer l'autre pour se grandir. Avec mes gants blancs, je demeure moi-même, l'autre me complète mais, à ses mains si semblables aux miennes, je n'oublie pas qu'il est aussi un peu de moi.
Parce que ganté de blanc, le F\M\n'est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu'il n'est pas fusion mais relation, il se dégage d'une assemblée de F\M\une impression d'apaisement et de sérénité. On ne peut manquer d'associer les gants blancs avec le niveau du 1er surv\ dans l'analogie de leur symbolique. Le gant, le niveau nous invitent à inventer une reliance avec les autres.
Il s'agit de vivre une fraternité organique fondée sur les vérités humaines, de fonder une communauté qui ne repose plus sur le combat pour le pouvoir ni sur la volonté de primer mais sur la joie d'être et l'exaltation des modalités généreuses de l'être. Dès lors que Walt Disney entrera en F\M\, le personnage Mickey sera complété avec des gants blancs qui lui assureront une définitive image de gentillesse.
Se recouvrir la chair par des gants de spiritualité c'est affirmer vouloir à la fois se protéger et protéger les autres des influences néfastes, que ce soit celles de notre nature ou celles des énergies et matières manipulées lors de cérémonies rituelles.
C'est aussi utiliser un objet pour fixer la conscience sur les exigences de "chair spirituelle" comprises par son interprétation symbolique.
Connaître, c'est participer de l'objet connu, dit Corbin.
Le port des gants est le message apparent du passage du F\M\ à un autre plan d'être. Alors, faut-il permettre, par courtoisie, pour le confort de mieux tourner ses pages, faut-il permettre aux F\et S\qui se présentent au plateau de l'Orat\ de quitter leurs gants au moment où ils s'expriment sur la planche qui trace les plans du chantier sur lequel se bâtit le temple ? Est ce qu'ils seraient autorisés à quitter leur tablier pour des raison de confort ?
Pour nous c'est justement le temps des symboles et nous ne saurions accorder de quitter ce qui nous protège tous et qui nous indique ainsi la voie de la matière spirituelle.
Et c'est dans la chaîne d'union, parce qu'en enlaçant nos mains, nous ouvrons aussi nos cœurs, que se quittera l'objet de la conscience, symbole intériorisé par l'égrégore et qui est devenu vivant dans la chair qui est le soufre, qui retient et fixe enfin l'esprit qui est le mercure. L'athanor n'est plus utile, le F\M\ est devenu pierre philosophale.
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’ANDROGYNIE, on en trouve son expression dans la mémoire collective qui évoque les temps primordiaux et qui sous forme de récits rapporte par différentes légendes ou mythes l'idée que les puissances originelles, celles qui sont avant toute chose et par lesquelles adviennent toute chose, doivent avoir un caractère androgynique
Les récits mettent en jeu des représentations à l'intérieur desquelles la conscience et surtout l'inconscient du primitif des premières civilisations projettent ses désirs élémentaires ou ses questionnements. Il apparaît que l'androgynie est un archétype, une image primordiale universellement répandue, lié aux commencements mythiques.
Ainsi de façon générale tant pour l'animisme que pour les polythéismes, des êtres surnaturels, ceux qui œuvrent tumultueusement à la genèse et à l'ordre du monde, ceux-là semblent affectés de détermination sexuelle ambivalente. Tout se passe comme si l'androgynie était associée à des puissances exceptionnelles, comme si elle régissait le fonctionnement des titanesques processus démiurgiques.
A l'instar des Dieux, l'androgyne ne tend-il pas nécessairement vers l'immortalité ?
Il n'est pas douteux que le désir de l'abolition du temps, que le dépassement de l'usure des corps ne soit au cœur du désir de l'humanité. Une des clefs du salut telle qu'elle est proposée par l'alchimie est de retrouver en soi et dans sa relation au monde cette androgynie primordiale, par quoi se définit l'harmonie et aussi la victoire sur le temps.
Pour l'alchimiste, le monde est androgyne dans son principe non pas hermaphrodite mais androgyne d'une réunion en soi et d'une synthèse de tous les contraires.
Il s'agit de restaurer un isomorphisme entre le macrocosme et le microcosme, entre le soi et le moi. Ce symbole est à entendre comme un état de plénitude : l'androgyne perdure lui-même et en lui-même. A la limite il se substitue au devenir, échappe et touche à la mort terrestre aux confins des origines.
Mais si l'origine est fondamentalement cachée et si le commencement est cette émergence à la lumière de l'Univers, comment dans ce passage de l'origine au commencement, comment peut-on évoquer l'androgynie et quelle est sa consistance ?
Les gnoses nous proposent de scruter le mystère avec des yeux de feu, elles nous offrent des approches de la dramaturgie originelle. Par gnose, entendons, certaines connaissances de l'univers.
Elles ont en commun d'interpréter la création à partir d'un au-delà sur lequel nous sommes incapables d'en connaître le principe suprême et ce qu'il y a avant, CELA est nommé tantôt Abîme dans la gnose valentinienne, Aïn-sof (rien) dans la gnose hébraïque ou encore Mystère des Mystères dans la gnose ismaélienne.
Mais c'est bien à partir de cette inaccessibilité pour notre mental que prend naissance éternellement une hiérarchie ésotérique de la création sous forme d'un plérome. Le plérome c'est en quelque sorte une représentation imaginale des métamorphoses de tous les aspects de l'origine, de
C'est une descente ontologique, c'est-à-dire c'est une descente de Divin dans l'être, dans la chair de l'homme terrestre avec un nombre de degrés différents selon les gnoses.
Et ce qui descend, on dit aussi s'émane, se diversifie, c'est ce que nous appelons l'androgynie originelle.
Prenons un exemple : comment apparaît la création c'est-à-dire le commencement et en quoi est-il androgyne ?
Comme exemple, je vous propose le plérome hébraïque de l'arbre de vie, et en simplifiant à l'extrême on peut dire : le plérome est un symbole où sont figurés 10 séphiroth disposées dans un certain ordre et reliées entre elles par des sentiers. Ces représentations du rapport de
Une première séphira, sphère de manifestation, est placée plus haute que les autres sur le pilier du milieu.
Elle s'unit avec la deuxième séphira du pilier de droite qui elle-même s'unit sur le même plan à la troisième séphira sur le pilier de gauche formant ainsi un triangle dit triangle suprême. Cette triangulation issue du néant, de l'origine, est tout à fait particulière. C'est le commencement. C'est comme une phrase où l'idée serait en germe mais ne trouverait de réalisation que dans une phase ultérieure : une idéation de l'univers.
Kether, traduit par couronne, première séphira est placée donc au sommet, au commencement de la manifestation primordiale. Elle représente en quelque sorte la cristallisation primitive de ce qui jusqu'alors n'était pas manifesté et reste inconnaissable pour nous.
Il n'existe en Kéther aucune forme mais exclusivement de l'intention pure, quelle qu'elle puisse être : c'est une existence latente séparée par un degré de l'origine, du non-être ; de l'Aïn-sof.
Cette séphira contient tout ce qui était, est, et sera. Elle est CELUI-QUI-EST.
C'est avec l'existence manifestée dans des paires d'opposés que cette unité prendra un sens accessible, mais dans Kéther il n'y a encore aucune différenciation. Elle perdure elle-même et en elle-même.
Ces différenciations qui nous la rendent intelligible apparaîtront seulement lorsque Chokmah et Binah, noms des deuxième et troisième séphiroth, auront été émanés. Kéther, c'est la monade existant sans attributs perceptibles mais les contenant tous cependant. Par là elle contient les potentialités de toutes choses. Nous ne pouvons définir Kéther, nous ne pouvons qu'y faire allusion. L'expérience spirituelle assignée à Kéther est dite l'Union avec DIEU: but et fin de toute expérience mystique ou alchimique.
On ne s'étonnera pas d'y localiser comme vertu celle de l'accomplissement, de l'achèvement du grand Oeuvre alchimique, le retour final.
Le point parce qu'il n'a pas de dimension lui est tout naturellement associé comme symbole référant. Mais on lui trouvera d'autres titres comme Existence des existences, le point primordial, le point dans le cercle, le macroposope initial, la lumière interne, LUI, la tête blanche et son archange est Métatron.
L'énergie de Kéther se déploie et ce dynamisme premier, ce point en mouvement trace une ligne qui va vers la deuxième séphira Chokhmah : la sagesse.
Cette expansion de force non organisée et non compensée serait plutôt une énergie incontrôlable : le grand stimulant de l'Univers. Mais il est impossible de la comprendre sans lui associer Binah troisième séphira de l'arbre et première séphira organisatrice et stabilisante, Binah : la compréhension.
Si les titres donnés à Chokmah sont Ab, le père suprême, tétragrammaton, IHWH, Yod du tétragramme (représenté souvent en français par la lettre J) et si les symboles qui lui sont rattachés sont le phallus, le lingam, la pierre qui tient debout, la tour, le bâton du pouvoir qui se dresse, on ne sera pas étonné de voir et d'entendre en Binah (l'entendement), IMA, la mère sombre ELOHIM, la brillante mère féconde, la grande mer, MARA, racine de MARIE et de la reconnaître dans la coupe, le calice, le Yoni, la robe extérieure de dissimulation (terme hindou et gnostique qui désignent les organes sexuels de la femme).
Ainsi Kéther est l'être pur, tout puissant mais non actif. Lorsqu'une activité en émane, que nous appelons Chokmah c'est un flot descendant d'activité pure qui est la force dynamique de l'Univers et qui se stabilise en Binah. Il prend alors forme en Binah. L'Unité de Kéther est une monade se donnant à voir dans deux séphiroth. Elles forment ainsi la triade suprême. L'unité du commencement sous ses deux aspects différenciés peut être représentée par un triangle : Kéther, Chokmah, Binah ; le Delta de notre temple est-il un triangle de cette sorte ?
Oui, je dirai même que nous avons cloué ici la triade suprême mais c'est aussi la monade pythagoricienne. Notre Delta c'est la consubstantialité de l'Esprit manifesté (l'énergie), de la matière (la forme) et de l'univers leur fils.
Il est placé du côté des mondes supérieurs c'est-à-dire pour nous à l'orient.
A l'autre extrémité, dans le monde de la formation, considéré comme inférieur parce que plus éloigné de l'origine, il y a la même symbolisation. Sous un autre forme J\et B\représentent, dans la phase du monde de la dualité, les deux aspects différenciés mais séparés de l'unité idéale du Delta qui les contient en idéation où ils sont encore réunis dans la perfection androgyne.
On pourrait dire que depuis le sommet du Delta en passant par ses pointes basses, reliées aux colonnes du Temple, sont tracés les piliers de l'arbre de vie où les FF\et SS\sont à la fois les sphères de lumière et les sentiers par lesquels s'actualise la transcendance.
C'est une géographie sacrée que l'initié aura à remonter partant du seuil jusqu'à la couronne comme un Chevalier pour s'unir à sa Reine. A noter que sur l'arbre de vie, la première séphire en partant du bas, la dernière dans la manifestation est nommée Royaume.
Juste une parenthèse. Je lis "J'étais avant qu'il formât aucune créature. J'étais de toute éternité avant que la terre ne fut créée" et plus loin "J'étais avec lui et je réglais toutes choses". Dans ce texte il s'agit bien de l'essence des choses. Et bien ce texte est une épître qui est lue à la messe de l'Immaculée Conception.
Ce que l'on peut dire avec Fulcanelli, c'est que les litanies nous apprennent que
Marie, Vierge et Mère, représente donc la forme, elle est Binah. Elle est indiscutablement la matrice primitive, elle est la materia prima, elle est au commencement du Grand Oeuvre.
Et l'on sait que c'est en retournant dans le sein maternel qui les avait jadis formés que les métaux vulgaires se changent en métaux philosophiques, on dit qu'ils sont réincrudés, c'est-à-dire remis dans un état voisin de leur état de perfection originel; ils sont devenus vivants ou philosophiques.
N'est ce pas là aussi un sens de notre passage par le cabinet de réflexion où, à l'issue d'un plongeon cosmogénétique, l'impétrant renaîtra fils de
Cependant, on peut remarquer que la présence de la forme est le début de la fin parce que la forme limite la vie, la gêne, tout en lui permettant de s'organiser ; on peut dire que la forme est la discipline de la force, elle l'est avec une rigueur sans merci.
Nous voyons ici un aspect terrible de
Pour résumer : l'énergie et la matière sont des formes androgyniques, de l'unité qui dans le plérome hébraïque sont aussi considérées comme principe mâle et femelle.
Ces principes ne peuvent avoir qu'une coexistence dramaturgique où le principe féminin est source de vie mais aussi de mort pour le principe mâle ; de là à opposer la femme à l'homme n'est-ce pas un danger ?
Certes, mais l'androgyne originel n'est pas la dualité de l'hermaphrodite, ni celle des hybrides évoquée dans l'introduction.
C'est dire et redire que nous sommes mâle et femelle, à la fois, comme image de la création.
C'est une consubstantialité de l'unité regardée dans ses aspects différenciés mais c'est de l'unité dont il est toujours question. Ainsi dans la doctrine secrète de Blavatsky "dans un état absolu, l'unique principe sous ses 2 aspects d'idéation pré-cosmique (énergie) et de substance pré-cosmique (matière) est unisexuel, inconditionné et éternel. Son émanation est androgyne.
Quand ce rayonnement rayonne à son tour, tous ses rayonnements sont androgynes, mais deviennent des principes mâles et femelles dans leurs aspects inférieurs (création, formation)."
C'est ce que dit aussi Einstein "Je préfère regarder la matière et l'énergie non comme des facteurs produisant les mêmes degrés de courbure de l'univers mais comme des éléments de perception de cet univers". N'est ce pas ce que raconte aussi le triangle de Pythagore ?
Depuis l'origine, les mystères de la nature furent inscrits par les disciples au moyen de figures géométriques et symboles. Quelques uns de ces symboles furent apportés de l'Orient, par Pythagore, en particulier, qui n'était pourtant pas l'inventeur de son fameux triangle.
Cette figure de même que le cercle et le carré constituent des descriptions de l'ordre suivant lequel évolue l'Univers tant au point de vue spirituel que physique ; descriptions qui sont de véritables cosmogénèses révélées.
Ce que signifie le triangle pythagoricien, ce n'est pas l'unité de la divine essence, attendu que ceci était représenté par le plan du cercle sans limites.
Le triangle signifie la triple nature de la première substance différenciée ou la consubstantialité de l'Esprit manifesté, de la matière, et de l'Univers leur fils. Cette consubstantialité émane du point, le véritable Logos ésotérique qui dans le plan de la manifestation (du côté du commencement) est appelé monade (n'est-ce pas Kéther de l'arbre de vie ?).
Le point unique du haut du triangle est l'unité d'où tout procède et tout est de la même essence que lui. Le sommet Pythagoricien est dit le père, le côté gauche est la duade. La mère, en est le côté droit et représente le fils que l'on retrouve comme époux de la mère dans beaucoup de cosmogonies, le fils étant de même nature que le père. La base est l'univers, naturé en père-mère-fils, dans le monde phénoménal, et en même temps, unifiés dans le monde hypersensuel de l'unité.
Cette monade trinitaire que l'on pourrait nommer « ordo ab chao » est un triangle équilatéral.
Le sommet est le UN ; non pas le nombre mais l'unité qui est en contact avec le vide, l'Aïn-sof, le Mystère des Mystères (en ces temps le zéro n’était pas encore inventé). L'unité contient le 2 qui est le premier nombre parce qu'il faut qu'il y ait le 2 pour qu'il y ait soit augmentation, soit division, pour qu'il y ait autre chose et c'est ce quelque chose d'autre qui permet de dire que le 2 fonde le 1 qui alors se différencie de l'unité indénombrable.
Avec le 2, le 1 se sépare de l'unité. C'est dans la manifestation du commencement que le un devient un nombre.
Et tout naturellement on a envie de savoir si les nombres que l'on sait être tantôt masculins, tantôt féminins connaissent des états androgynes.
Les gnoses décrivent comment les mondes en création sont venus jusqu'à l'être inaugural et comment l'humanité est descendue dans le domaine de
Il est une oeuvre d'humanité qui est la pression exercée depuis des millénaires par d'innombrables hommes et femmes : ils forgent des civilisations pour la race humaine afin de la ramener vers la félicité des commencements.
On dit que le fond du Graal est un miroir où DIEU regarde DIEU; alors cette quête du Graal propose-t-elle des conditions permettant de retrouver cet état originel, androgyne et édénique où l'Homme regarderait l'Humain ?
Parce que il y a du et dans l'androgynie inaugurale, la genèse nous propose, à partir de ce et, une catégorie de pensée.
Ce qui est proposé, ce n'est pas que Dieu existe ou pas; c'est qu'il faut qu'il y est du et pour qu'il y ait rapport de nature, sinon c'est le chaos, le magma.
Ce et nous dit de rendre le masculin et le féminin, le Moi et le Soi, l'individu et le collectif harmonisés dans une unité.
Il faut rigueur et miséricorde. Pour qu'il y ait du fils ou de la fille il faut qu'il y ait réellement père et mère, ab et ima, sinon c'est le magma psychique, social, sans le et c'est le délitement de la société.
C'est le barbarisme du polythéisme qui offre ses monstres qui ont nom viol, crime, inceste, élimination de l'autre. Quand il n'y a plus la conjonction, même quand il y a indifférence, il n'y a pas de réalité, il n 'y a que des humanités sans rapport de nature Humaine :
il y a serbes ou bosniaques,
il y a tutsis ou huttus,
il y a nazis ou juifs ou tziganes.
Il n’y a plus
Cette conjonction, ce et de l'androgynie inaugurale, c'est la demande, faite à chacun de nous, de civiliser notre rapport au monde; de le fonder par notre relation à l'autre dans laquelle je puis dire "je est un autre" et pour conquérir cette civilisation c'est vouloir aimer son prochain comme soi-même .
Alors le et de l'androgyne initié devient est ; c'est l'Etre sorti du Néant.
2 - Naître par une initiation Etre initié par une naissance
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J
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’aurais pu sur ce sujet vous dire seulement cette pensée de Daniel Pons :
Vivre, c’est prendre des risques, mais le seul risque véritable, c’est de porter en soi le profond désir de mourir " au moins ", pour renaître " au plus ". Toutefois, j’ai eu envie de polir davantage ma pierre jusqu'à ce qu’elle vibre à ses limites comme un miroir.
Ici est une forme de vie, ici est un monde qui se veut celui de la liberté et de la lumière. Ici, vous et nous, nous sommes chez Nous. Et c’est par une cérémonie d’initiation que nous sommes devenus F\.M\
Ah ! Naître par l’initiation.
Ah ! Etre initié par une naissance.
On sait que toute initiation comporte une série d’épreuves rituelles qui symbolisent la mort et la résurrection du néophyte. Grâce nous fut faite par la douceur des épreuves. D’autres traditions demandent aux impétrants d’être plus éprouvés ; sont-elles forcément plus opérantes ?
Il s’agit de façon réaliste ou spéculative, par des opérations alchimiques assimilées à des épreuves difficiles, voire à des tortures, il s’agit de la mort et de la résurrection du myste; il s’agit de transmuer, c'est à dire d’obtenir un mode d’être transcendantal. C’est la leçon de toutes les traditions ou de la connaissance de la vie simplement.
Il n’y a aucun espoir de ressusciter à un mode transcendant, sans une mort préalable.
Notre vie fut et sera une succession d’initiations où nous sommes morts à quelque chose, pour devenir autre. Comme les épreuves d’initiation, celle de notre vie témoigne, pour nous seuls, de notre degré d’initiation à la condition humaine.
Ici nous a été proposée une autre Initiation, une autre mort, une autre naissance.
Le passage, par le cabinet de réflexion, inscrit la cérémonie dans la dramaturgie de la matière univers. Selon Paracelse « celui qui veut entrer dans le royaume de Dieu, doit, premièrement, entrer avec son corps dans sa mère et là, mourir »
Ce regressus ad uterum, ce retour aux origines, cette réintégration d’une situation originaire aux confins du chaos primordial, présente aux moins deux significations qui éclairent les significations de la cérémonie d’initiation, significations cosmologiques et initiatiques.
Toute mort rituelle peut être considérée comme une réintégration de la nuit cosmique, du chaos pré-cosmologique et des ténèbres d’où nous sommes revenus, et qui, dans sa dissolution des formes, exprime aussi le stade séminal de l’existence.
Et puis Ordo ab Chao. J\B\s’accomplissent. Toute création, toute apparition des formes, tout accès à un autre niveau plus transcendant peut s’exprimer par une cosmogénèse. Et la lumière fut !
Notre naissance au monde Maç\ répète, réitère, comme chaque initiation par la naissance, le spectacle infini de la re-création cosmique, et nous avons été reçus F\M\ comme une graminée d’étoile pour que nous éclairions notre part d’univers.
Cette expérience, où l’on nous a fait vivre la sacralité de l’univers attesté par les quatre éléments réintégrés en nous, nous accouche, comme conscience que le monde n’est pas seulement vivant, mais ouvert, qu’un objet n’est pas jamais simplement lui-même, mais aussi la réceptacle ou le signe d’une réalité qui le transcende.
Cette expérience n’est qu’un commencement, une initiation sur notre propre chemin, vers ce que l’on nomme le Destin et qui est notre être en devenir.
Chaque initiation parle à l’impétrant, et lui parle de lui et de sa propre histoire, dans un langage symbolique, qui n’appartient qu’à lui de décoder.
Le souffle nocturne de sa vie la plus lointaine, ensevelie, indicible, se pose sur lui dans ce plongeon cosmique.
Il n’y a pas un sens fixé ; la vérité du rituel n’est révélée que par l’interprétation, où chacun a le pouvoir de faire exister du sens, de décider des sens. Ce que je ressens et comprends n’engage que moi. Par ce que je suis, je multiplie le monde dans sa métamorphose qui reste cependant, dans son unité holistique complexe.
« Une herméneutique créatrice dévoile des significations qu’on ne saisissait pas avant, ou les met en relief, avec une telle vigueur, qu’après avoir assimilé cette nouvelle interprétation, la conscience n’est plus la même » nous écrit Mircéa Eliade.
Il s’agit donc de faire une expérience avec cette recréation. On peut opposer à ce niveau les expressions : avoir une expérience et faire une expérience.
Avoir renvoie à la possession, au connaître, à l’installation dans la satisfaction, à la confiance que procure l’acquis. Avoir l’expérience d’un rituel de passage serait poser et imposer des significations une fois pour toutes.
Faire l’expérience signifie ne pas savoir à l’avance le résultat de la recherche. Rien ne doit correspondre à notre attente. Pour cela, on ne doit rien dévoiler des cérémonies de type initiatique. Faire une expérience, c’est s’inscrire dans l’ouverture, dans l’au-delà de l’attendu, dans le commencement sans cesse renouvelé.
Comme l’écrit Jankélévitch dans son livre " Quelque part dans l’inachevé " : La prétention de toucher un jour à la vérité est une utopie dogmatique, ce qui importe, c’est d’aller jusqu’au bout de ce qu’on peut faire, d’atteindre à une cohérence sans faille, de faire effleurer les questions les plus cachées, les plus informulables pour en faire un monde lisse.
Ainsi à chaque initiation l’œuvre de la genèse reprend son cours. La création n’est pas faite une fois pour toutes. Chaque naissance l’accomplit ; et c’est dans la lumière que se célèbre l’accomplissement. On peut donc dire que l’enfantement par la porte basse répète l’acte exemplaire de la naissance de l’humanité conçue comme une émersion de la plus profonde caverne chtonienne.
La cérémonie d’initiation Maç\, qui après avoir fait réintégrer à l’impétrant l’état premier, l’état germinal de la matière du cabinet de réflexion et l’amène à sa résurrection, à sa re-naissance, cette cérémonie correspond sans doute à la création cosmique. Et cette phase de la cérémonie me paraît être tout particulièrement placée sous le signe du féminin parce que maternelle.
La survivance des cultes des vierges noires nous en apporte l’écho. Tout est en place avec elles pour la renaissance du pèlerin, après qu’il soit descendu dans la crypte sacrée où on les gardait.
Ces vierges noires ont nom Cybèle, Isis, Lilith,
Comme dans le livre des morts égyptiens, il faut opérer la traversée toute entière de pilier en pilier, de porte en porte, pour pouvoir espérer la remontée. Mais seul le principe féminin, la mère , la déesse,
Au commencement, comme à la fin,
On ne peut manquer de faire un parallèle avec la méthode alchimique.
En cherchant la materia prima (racine maternelle) l’alchimiste poursuit la réduction des substances à l’état pré-cosmologique La cathédrale de Paris, nous dit Fulcanelli, ainsi que la plupart des basiliques métropolitaines sont placées sous l’invocation de la benoîte vierge Marie ou Vierge Mère. En France, le populaire appelle ces églises des Notre-Dame.
En Sicile elles portent un nom plus expressif encore, celui de Matrices. Ce sont bien des temples dédiés à la mère (mater), à la matrone dans le sens primitif, qui par corruption devient
Alors la cérémonie d'initiation par une naissance répond à la question d’où je viens, où je vais et peut-être qui je suis. Une place de l’homme dans l’univers, que l’on appelle une philosophie, me semble être proposée par la philosophie Maç\ de son initiation.
Je la rattacherai à ce que l’on appelle la science-sagesse-sacrée avec trois propositions fondamentales exprimées dans les ternaires.
· Un principe omniprésent éternel, illimité, inconcevable et immuable, innombrable, que Blavatsky appellerait l’Etre-té ou
Je dirai que c’est avant même le Aleph auquel le Beth du béreshit nous renvoie, au Ayin , au Rien.
· Une fois sorti de cet absolu, la dualité survient dans le contraste de l’esprit et de la matière qui demeurent, sous deux aspects différenciés, la même chose, le Un. L’esprit est la première manifestation de la matière et la matière est la première manifestation de l’esprit La substance cosmique, l’espace, l’aether grec est aussi appelé
· L’univers manifesté, qui en est issu ensuite, est donc pénétré par cette dualité. Il en est le fils consubstantiel ; C’est le Fils de la vierge-mère fécondée par l’esprit. Et l’on peut dire : de l’esprit ou Idéation cosmique ou Père, viendrait notre conscience. De la substance cosmique ou Mère viendraient les véhicules dans lesquels cette conscience est individualisée ; tandis que l’énergie du Un dans ses différentes manifestations serait le mystérieux lien d’unité entre l’esprit et la matière, le principe animateur qui donne la vie.
C’est ce que j’ai compris de ce que disent les stances de Dzyan, le plus vieil écrit sacré d’après lequel furent compilés d’autres écrits sacrés plus connus des profanes.
C’est ce que semble dire également Einstein dans « espace, temps, gravitation »
Il écrit : Masse et énergie ne sont qu’une seule chose ou du moins ne sont que deux aspects d’une même chose.
La cérémonie de passage se donne à vivre comme la conception et la naissance spirituelle ou plutôt comme la renaissance de l’individu et sa régénération.
Le profane courbé à l’entrée du temple sanctuaire, prêt à traverser la matrice de la nature-mère, ou prêt à redevenir l’être spirituel primordial devient ainsi l’homme pré-natal.
Cette ployance foétale, c’est une chute de l’esprit dans la matière dirait le sémite, c’est au contraire son retour à sa source primordiale dans laquelle il s’immerge dirait l’aryen. Dans les deux cas il s’agit toujours du UN manifesté en Matière et esprit mais de façon ascendante ou descendante.
En d’autres termes l’initiation Maç\, en nous refaisant produire la cosmogénèse, l’anthropogenèse, nous demande de faire de nous-mêmes, une matière humaine, une copie microcosmique, un reflet de la matrice céleste, en un mot un espace femelle dans lequel l’esprit mâle fécondera le germe du fils, celui de l’univers visible parce que lui-même lumière.
C’est ce que l’on peut appeler une mixité universelle.
C’est Beth attendant sa fécondation par Iod qui se fera dans le vase de l’œuvre au noir déversant du cabinet de réflexion le myste comme de l’or naissant.
C’est cela que me raconte entre autre la première partie de la cérémonie d’initiation. Ici s’accomplit ce dont je ne sais pas où est le début, mais c’est l’initiation par la naissance.
Et puis vient la naissance par l’initiation
et c’est un autre commencement.
Pour accéder à lui-même l’homme doit se retirer de soi.
Nous sommes le produit d’une préfabrication institutionnelle, une subjectivité préfabriquée dans son environnement et ses acquis socio-économico-psyco-culturel, je dirai aussi moraux. Ici se pose le problème : comment échapper à cette situation, car si l’homme n’est que de l’être impersonnel de l’institution et s’il est impossible de faire advenir son propre monde, la question, je dirai la quête de l’être, n’a plus d’importance puisqu’ainsi pensé, l’homme serait né avant la naissance et la naissance serait un non-sens.
Etre ou ne pas être, naître est la question
Naître permet d’accéder à une parole nouvelle libérée de ceux qui pensent posséder une maîtrise sur leur parole et la parole des autres, naître en tant qu’individu différencié, naître comme œuvre à faire.
C’est cette idée qu’exprime Rabbi Zouzia, peu avant sa mort ; « Dans l’autre monde, On ne me demandera pas, pourquoi n’as-tu pas été Moïse ? On me demandera, pourquoi n’as-tu pas été Zouzya ? »
Chaque homme est une lettre ou une partie d’une lettre. Le livre tout entier est écrit lorsqu’il ne manque aucune lettre. Chaque homme a l’obligation d’écrire sa lettre, de s’écrire, c'est à dire de se créer en renouvelant le sens, son sens.
Le cabinet de réflexion, de réflectivité en tant que miroir, est le face à face qui nous demande de commencer à rechercher notre identité enfouie.
Alors le F\M\ sera un éclat existentiel, une brisure, séparé mais aussi une brillance. L’initié Maç\ est ce lieu de lumière qui se retire et rayonne à la fois ; qui existe au sens étymologique (ex sistere) dans cette capacité à sortir de soi, de se dépasser et de d’inscrire dans un mouvement de création. C’est là où l’homme se trouve qu’il doit faire briller la vie cachée de l’absolu.
Rappelons-nous ! Il n’est d’accès à aucune vérité qui ne comporte un renoncement. Le sacrifice verticalise l’être humain. Le supplément maçonnique ou alchimique ou initiatique ne sera donné qu’en échange d’une offrande sacrificielle. Sacrifier ne signifie-t-il pas faire du sacré ? Sans sacrifice, pas de passage vers la transcendance, pas d’initiation ni d’affrontement avec la mort, pas d’accès à la phase suivante. Cette phase qui suit correspondrait sur le plan spirituel à une résurrection et elle se traduit par l’appropriation de certains états de conscience normalement inaccessibles à la condition profane.
Chaque initialisation réactualise, réinitialise une nouvelle loge, dans le ordo ab chao et cette sacralité là, nous l’appelons notre loge-mère, lieu où est ordonné le monde, lieu où se crée le sens qui va structurer la cité fraternelle. Ce sens assurera la cohésion en situant le néophyte dans un cercle magique, dans une hiérarchie non contestée, car elle est aussi une filiation symbolique.
Après le dépouillement, après la saison automnale du cabinet de réflexion, de nos esprits d’où tombent les pensées mortes, renaîtront de vivaces intentions d’ajouter de la valeur humaine. Dans ce lieu de rencontre du COS et du CHIASME ? L’aventure se termine, une autre commence. Une ère a pris fin, une autre s’inaugure dont les acteurs ont accédé, par l’épreuve à la connaissance réservée au voyageur rescapé.
L’homme en quête de sagesse est un homme qui marche, qui est voyageur, vers le pays promis, vers la terre édénique, vers son Amérique, vers ses sources ou vers lui-même.
Entre le départ et l’arrivée, entre l’initialisation et l’accomplissement, le désert, l’océan, le chemin, des solitudes, des épreuves et le voyageur exilé se transforme en pèlerin, et l’errance devient traversée du monde, de soi, de miroirs, et qui menée à bien, ouvre à l’itinérant l’accès à son identité, à sa rédemption .
Par elle accompli, il peut alors se déclarer fils de... dieu, de la veuve, de la putréfaction de l’Univers, fils de ... Les rituels nous exposent à cette dramaturgie du devenir.
« lekh lekha » dit D. à Avram, ce qui signifie va vers toi. C’est pour cela que nous construisons ensemble l’arbre de la connaissance dont chacun est appelé à en devenir un fruit.
Devenir F\M\par une naissance, c’est inscrire l’action Maç\dans la liberté, en soulignant que l’être Maç\s’oppose au geste de répétition, que l’homme Maç \ est un nouveau commencement, un initiateur. C’est un être pour-la-naissance.
Le F\M\est vertueux de toutes ses naissances à venir.
Le rituel d’initiation par la naissance nous permet de dire que
Par l’avènement de sa mise au monde, le F\M\ porte en lui la promesse d’un avoir à être. Cela est un des fondements d’une éthique pour un F\M\
C’est pourquoi chaque initiation est un don qui est fait aux F\M\ qui y participent; don de la vie à ses origines; don de l’espérance qui l’accompagne comme fécondation du monde.
Philosophiquement parlant confirme Mircéa Eliade, l’initiation équivaut à une mutation ontologique du régime existentiel. Les 3 étapes que le récipiendaire aura vécues dans le rituel de passage, « séparation, initiation, résurrection » correspondent dans la bible à la chute, l’exil et la rédemption. La réussite aux épreuves va redéfinir l’impétrant comme F\M\, un homme ou une femme dont les nouveaux rôles et la nouvelle identité justifieront qu’il ose proclamer une existence rénovée, non plus celle que lui imposaient les filiations charnelles et les hasards destinaux, mais celle de la libre déclaration de son origine et l’aveu de sa filiation découverte par lui seul qui le rend F\ou S\de l’humanité depuis les origines.
Voilà tout nous fut donné le jour de notre initiation. Il nous reste à répéter, pour nous-mêmes l’apprentissage de notre naissance, de notre vie, de notre mort.
· Mort et renaissance avec la descente au cœur de la terre, la caverne, la nuit obscure des gestations, la terre fécondée, l’eau purificatrice et fertilisatrice, la matrice aveugle et la grotte protectrice, la source, les profondeurs d’où surgit l’être revivifié par le bandeau enlevé
· et puis l’ascension, le dépassement, l’élargissement, la montée vers l’au-delà avec tout ce qui exprime l’élan invincible et toujours recommencé vers l’inaccessible, avec l’Amour qui promeut la vie.
· et encore, les mouvements d’ordre transversal, les voyages, les migrations, les passages, la poursuite méthodique de l’exploration du réel et de l’imaginaire, la marche du connu vers l’inconnu, en un mot, la quête, condition de l’errance féconde.
· et surtout, ce qui a trait au dépouillement, à l’abandon progressif, au renoncement de ce qu’il faut quitter pour laisser place à ce qui compensera la perte de tout le reste.
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S
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avoir mourir comme Moïse devant
Voyager : « aller - vers », c’est s’orienter dans un mouvement, c’est faire prévaloir le sens (celui de la direction ou celui des significations).
La promesse faite pour cette Terre, c’est le sens d’un monde-à-l’autre dédié ; c’est une destination éthique pour que l’homme puisse s’y accomplir.
Temple idéal ou terre promise ne découvrent leur lieu qu’en marchant sur les traces de cette poussière prise sur toute le terre, et dont fut constitué le corps de l’homme originel.
Les noms des voyages sont les noms propres des visages qui nous font face. Leurs présences nous obligent au mouvement de l’être vers l’être-pour-autrui ; de l’ontologique vers l’éthique.
Le départ est sans retour, spirale et non cercle pour dire oui à l’existence de l’autre, qui toujours est devant et non derrière (comme le croyait l’amour d’Orphée pour Eurydice ).
Voyager, c’est se déplacer du même vers l’autre, pour répondre à l’appel d’une terre aux sonorités sans limites, dans l’urgence d’oeuvrer pour l’équité, dans le oui au lointain et au proche.
Lekh lekha dit D. à Avram, ce qui signifie : va vers toi
Entre le départ et l’arrivée, entre l’initiation et l’accomplissement, le désert, l’océan, le chemin, des solitudes, des épreuves et le voyageur se transforme en pèlerin et l’errance devient traversée du monde orientée de soi vers l’autre, traversée de miroirs, qui menée à bien ouvre à l’itinérant l’accès de toutes les portes basses.
Par le passage par cet entre-deux, il peut alors se faire connaître comme le fils de la veuve, de la putréfaction, de D. , de l’Univers ; fils de ..., comme un esprit sorti de la confusion.
« Dire le Graal est vain » écrit Nietzsche « vers lui ne s’ouvre aucun sentier et nul ne peut trouver la route qu’il n’ait lui-même dirigé son chemin. Tu vois mon fils, ici, le temps devient espace ».
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