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Les Travaux d’Hercule (1 à 5) d’après Alice Ann Bailey

27 Novembre 2019 , Rédigé par elle est parce qu'ailée Publié dans #Culture

Les Travaux d’Hercule

d’après Alice Ann Bailey

 

 

 

De son premier nom Alcide, Hercule était le fils du dieu Zeus et d’une mortelle, Alcmène ; il était l'un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. La narration de ses exploits a de nombreuses variantes. Certains le représentent fidèle au mythe tel que raconté par Homère, parfois il sert à montrer le lien entre la mythologie et la religion chrétienne, d’autres ont voulu le montrer dans un des pires moments de sa vie, l’esclavage qu’il a vécu avec Omphale.

J’ai eu envie de vous ramener la présentation qui en fut faite par Alice Ann Bailey dans son livre Les travaux d’Hercule. L’histoire est longue mais exaltante et didactique pour éclairer le chemin d’un aspirant. J’ai abrégé, forcément, les 195 pages qu’elle y consacre, ne retenant, de-ci de-là, que le fond de la mythologie qu’elle rapporte. Particulièrement, j’ai apuré le texte de toutes les interprétations développées par l’auteur sur la symbolique des zodiaques qui accompagnent le parcours d’Hercule.

 

À partir de la page p. 8497 en accès sur :

http://mariada.free.fr/Alice%20Ann%20Bailey%20-%20Les%2025%20Livres%20-%20edition%20electronique%20Girolle.pdf

 

Hercule se tenait devant son Instructeur. Il comprenait confusément qu'une crise l'attendait qui conduirait à un changement de langage, d'attitude et de plan. L'Instructeur l'examina et fut satisfait.

La première grande Porte était grande ouverte. Une voix se fit entendre :

 

. L’instructeur - "Hercule, mon fils, avance. Passe la Porte et pénètre sur le Chemin. Accomplis ton travail et reviens pour m'en rendre compte."

 

Avec des cris de triomphe, Hercule se précipita, courant entre les piliers de la Porte avec une confiance présomptueuse et sûr de son pouvoir.

 

  1. CAPTURE DES CAVALES MANGEUSES D'HOMMES

Ainsi commença le Travail et le premier grand acte de service. Diomède, fils de Mars, réputé fougueux, gouvernait le pays par-delà la Porte et il élevait les chevaux et les cavales pour la guerre sur les marais de ses terres. Ces chevaux étaient sauvages et les cavales féroces ; tous les hommes tremblaient à leur approche, car ils ravageaient le pays, causant de grands dégâts, tuant tous les fils des hommes qu'ils rencontraient sur leur chemin. Ils engendraient régulièrement des chevaux des plus sauvages et des plus méchants.

. L’instructeur - "Capture ces cavales et fais cesser ces actes mauvais. Va et délivre ce lointain pays et ceux qui y vivent."

"Viens, Abdéris, et aide-moi à remplir cette tâche" cria Hercule, appelant l'ami qu'il aimait beaucoup et qui le suivait toujours lorsqu'il allait d'un lieu à l'autre. Abdéris arriva et prit place à ses côtés ; ensemble, ils examinèrent la tâche à accomplir, dressant soigneusement leurs plans,

Mais…Si grand était le plaisir de sa prouesse qu'il estima que le fait de tenir les cavales et de les conduire sur le Chemin vers Diomède était au-dessous de sa dignité.

Hercule accula finalement les cavales sauvages dans un champ d'où elles ne pouvaient plus aller nulle part et là il les captura et les attacha, demanda à Abdéris de les ramener, puis il tourna le dos, et alla de l'avant plein d'orgueil.

Mais Abdéris était faible et redoutait la tâche. Il ne put retenir les cavales ni les atteler, ni les conduire sur la trace des pas de son ami. Elles se tournèrent contre lui, le déchirèrent, le piétinèrent et le tuèrent, puis elles s'échappèrent vers les terres les plus sauvages de Diomède.

Accablé de douleur, assagi, humble et découragé, (coupa amère) Hercule recommença son travail. De nouveau il chercha les cavales de lieu en lieu, laissant sur le sol son ami moribond. De nouveau il attrapa les cavales et les conduisit lui-même par la Porte.

. L’instructeur - "Le premier travail est terminé ; la tâche est faite, mais mal faite. Apprends d'elle la véritable leçon et passe ensuite au prochain service à rendre à ton prochain.

Ce qui attire, dans cette histoire, est l'impulsivité d'Hercule et le fait qu'il n'a pas toujours réussi. Il échoua quelques fois et dut refaire le travail jusqu'à ce que le succès couronne ses efforts.

Le cheval blanc symbolise le mental illuminé de l'homme spirituel. Le cheval noir représente le mental inférieur, avec ses idées fausses et ses concepts humains erronés. Les juments, comme celles que nous rencontrons dans le premier travail, indiquent l'aspect féminin du mental qui donne naissance aux idées, aux théories et aux concepts. Est ici symbolisée la tendance du mental à créer des formes-pensées qui incarnent les idées conçues, lesquelles sont lâchées dans le monde, destructrices lorsqu'elles émanent du mental inférieur, mais constructrices et salvatrices lorsqu'elles viennent de l'âme.

Tout Hercule en puissance peut facilement constater qu'il a en lui ces cavales dévastatrices si, pendant un jour entier, il fait minutieusement attention à ses pensées et à ses paroles, lesquelles sont toujours le résultat de la pensée. Il découvrira rapidement que l'égoïsme, la malveillance, les commérages et la critique constituent une grande partie du contenu de sa pensée et que les cavales de son mental sont constamment fertilisées par l'égoïsme et l'illusion. Au lieu de donner naissance à des idées et à des concepts ayant pour origine le royaume de l'âme et au lieu d'être fertilisées par le règne spirituel, ces cavales deviennent mères de l'erreur, de la fausseté et de la cruauté, lesquelles ont leur origine dans l'aspect inférieur de la nature humaine.

 

2- CAPTURE DU TAUREAU DE CRETE

. L’instructeur - Va dans la contrée gardée par la deuxième Porte, cherche et capture le Taureau sacré et conduis le dans le Lieu Saint." Passe par la Porte, mets-toi en chemin. Accomplis ton travail et reviens me rendre compte de l'action."

 

De lieu en lieu, Hercule chassa le taureau conduit par l'étoile qui brillait sur le front du taureau, lampe claire dans l'obscurité. Cette lumière se déplaçait avec le taureau, le conduisait ici et là. Seul, Hercule chercha le taureau ; seul, il le chassa jusqu'à son repaire ; seul, il le captura et monta sur son dos. Autour de lui se tenaient les Sept Sœurs qui l'encourageaient en chemin. Dans cette lumière, il chevaucha le taureau, le ramena, traversant les eaux miroitantes de l'île de Crète jusqu'au Lieu Saint où résidaient les hommes à l'œil unique, les trois Cyclopes.

 

L' "Œil du Taureau", dans le Taureau, magnifique étoile fixe Aldébaran, est l'une des raisons pour lesquelles cette constellation est considérée comme conférant l'illumination. Dans les temps anciens, elle était appelée l'étoile conductrice des cieux et le Taureau a toujours été apparenté à la lumière,

Nomination vieillie du mot Nord. Du latin septentriones, (de septem, sept et triones, bœufs de labour), désignant les sept étoiles qui forment la constellation  de la Grande Ourse ou plutôt de la Petite Ourse dont  l’étoile du nord (l’étoile polaire) fait partie.

Le septentrion est à la fois nord et sept, c’est-à-dire origine du Mystère et sa révélation. Dans la tradition occidentale, le soleil s’y trouve donc, symbolisant la lumière incréée, contenant toutes les potentialités que l’initié devra faire éclore

Les rituels, pour marquer dans le langage la trace de la Tradition et la symbolique cosmique, utilisent très souvent ce mot. Les apprentis prennent place sur la colonne du septentrion. Repère céleste du voyageur, le septentrion oriente l’apprenti pour qu’il ne s’égare pas.

 

. L’instructeur - "Le deuxième travail a été accompli et la tâche a été facile. Apprends d'elle la leçon des proportions. Force pour s'acquitter d'une tâche ardue, bonne volonté pour remplir celle qui ne met pas les pouvoirs à contribution, telles sont les deux leçons apprises. Lève-toi maintenant et cherche le pays gardé par la troisième Porte. Trouve les pommes d'or et apporte-les ici."

 

3-CUEILLETTE DES POMMES D'OR DES HESPÉRIDES

En un lointain pays croissait l'arbre sacré, l'arbre de la sagesse portant les pommes d'or des Hespérides. La renommée de ces fruits délicieux s'était étendue jusqu'au loin et tous les fils des hommes, qui savaient être aussi des fils de Dieu, les désiraient. « Indique-moi le chemin, ô Instructeur de mon âme. Je cherche les pommes et j'en ai besoin pour mon usage personnel. Montre-moi le chemin le plus rapide et je partirai !"

. L’instructeur - "Pas ainsi, mon fils ; la route est longue. Je te confierai seulement deux choses et ce sera ensuite à toi de prouver la vérité de ce que je te dis.

Vous aurez bien sûr entendu comme moi «Je ne sais ni lire ni écrire, donnez-moi la première lettre je vous donnerai la suivante.»

Hercule passa par la troisième Porte et se dirigea vers le nord. Malgré l’aide proposée par Nerée, un messager envoyé par l’instructeur pour l’aider, aveuglé par sa passion pour sa mission,  il ne vit pas, et ne trouvant pas l'arbre sacré en direction du nord, Hercule se tourna vers le sud et continua sa recherche dans le lieu des ténèbres.

Après avoir vaincu seulement au second round le serpent Antée, heureux et confiant, Hercule reprit sa recherche, sûr de lui et avec un courage renouvelé. Il se dirigea alors vers l'ouest.

Là, il rencontra Busiris, le grand trompeur, fils des eaux et proche parent de Poséidon, dont le travail consiste à apporter l'illusion aux fils des hommes par des paroles d'apparente sagesse. Tombé sous le charme de Busiris, Hercule obéit, acceptait tout ce qu'il disait, mais chaque jour il devenait plus faible sur le chemin ne cherchant plus l'arbre sacré. Sa force était sapée.  Son gourou aimé l'attacha alors sur un autel et le garda lié une année entière.

Soudainement un jour, alors qu'Hercule luttait pour se libérer et commençait à voir Busiris pour ce qu'il était, les paroles prononcées par Nérée le messager lui revinrent à la mémoire : "La Vérité réside à l'intérieur de toi-même. Il existe en toi un pouvoir, une force et une sagesse supérieurs. Tourne-toi vers l'intérieur et, là, évoque une force et un pouvoir qui sont l'héritage de tous les fils des hommes". Alors avec la force qui est celle de tous les Fils de Dieu, il brisa ses liens, s'empara du faux instructeur – qui lui avait paru si sage – et le lia à sa place  sur l'autel. Il ne dit pas un mot, mais le laissa là pour qu'il apprenne.

Soudain il s'arrêta, la surprise le figeant sur place. Un cri de profonde détresse frappa ses oreilles. Quelques vautours tournant autour d'un rocher attirèrent son attention. Le cri se fit de nouveau entendre. Devait-il poursuivre son chemin. Un autre cri retentit, aussi Hercule se dirigea rapidement au secours de son frère. Il trouva,… tout le monde l’a deviné, Prométhée enchaîné. Hercule chasse les oiseaux ce qui doit soulager Hitchcock, et soigne Prométhée.

Du nord au sud et de l'est à l'ouest l'arbre sacré fut cherché sans succès. Pourtant, un jour qu'il était rongé par l'inquiétude et fatigué de ses voyages, Hercule entendit dire par un pèlerin qui passait sur le chemin qu'on pouvait trouver l'arbre près d'une montagne lointaine. Ce fut la première véritable information. Il dirigea donc ses pas vers les hautes montagnes de l'est Mais il fut de nouveau arrêté par une sensation de profonde angoisse.

Atlas se trouvait devant lui, chancelant sous le fardeau du monde qu'il portait sur ses épaules ; son visage était marqué par la souffrance, ses membres fléchissaient par la fatigue, ses yeux se fermaient par la douleur. Il ne demandait pas d'aide mais se tenait courbé par le poids du monde, il portait aussi un gilet jaune. L'arbre sacré et les pommes d'or s'effacèrent de sa pensée. Il n'avait plus à cœur que d'aider le géant aussi vite que possible. Il se précipita en avant et s'empressa de déplacer le fardeau, le soulevant des épaules de son frère et le mettant sur les siennes, se chargeant ainsi lui-même du poids du monde. Il ferma les yeux, se tendant dans l'effort et voilà que le fardeau glissa. Il était libre et Atlas de même. Après le sacrifice, vient la récompense.

Devant lui se tenait le géant qui avait dans ses mains les pommes d'or et qui les lui offrait avec amour. La recherche était finie.

On raconte autrement que ce sont 3 très belles femmes qui les lui remirent. Par cette narration, il faut comprendre qu’à la fin du même travail, il acquit une vision beaucoup plus large de son âme en la voyant sous trois aspects, chacun d'eux portant en lui la puissance des trois principes de la divinité. Aglaé symbolise la gloire de la vie et la splendeur du soleil couchant, la magnificence de la manifestation sur le plan physique. Elle offre une pomme à Hercule en lui disant : "Le chemin vers nous est toujours caractérisé par des actes d'amour." Erythéia, qui garde la porte, l'âme, toujours ouverte par l'Amour-Sagesse, donne à Hercule une pomme sur laquelle est gravé le mot d'or : service. Hespéris, l'étoile du soir, l'étoile de l'initiation, représentant la Volonté, dit à Hercule : "Foule le Sentier."

Et alors,… ah le héros qui dit ! "Je vous rends les pommes pour ceux qui viendront après moi", et Hercule s'en retourna d'où il était venu.

Il se présenta ensuite devant l'Instructeur qui l’encouragea et lui dit lui montrant la quatrième Porte:

. L’instructeur -  "Passe par cette Porte. Capture la biche et retourne, une fois encore, au Lieu Saint."

Eurysthée lui imposa la tâche d'aller chercher les pommes d'or du Jardin des Hespérides.

 La pomme se retrouve depuis longtemps dans la mythologie et dans le symbolisme. C'est un mode symbolique de raconter l'histoire de l'apparition du mental et la manière dont il commença à fonctionner dans la créature primitive qui n'était ni animale, ni strictement humaine. Avec l'arrivée du mental vint la connaissance de la dualité, de l'attirance des opposés, de la nature de l'âme qui est le bien et de la nature de la forme qui est le mal si elle retient l'âme et entrave sa pleine expression

Cette fois, il n'était pas limité aux contrées sauvages ravagées par les cavales mangeuses d'hommes, ni à la petite île de Crète. Il fallait fouiller toute la planète.

Le Maître donnera une suggestion et n'en dira pas plus. C'est au disciple de donner suite à la suggestion de la façon qu'il croira la plus sage. "Ne perdons pas de vue que les plus hautes aspirations pour le bien-être de l'humanité se teintent d'égoïsme si, dans l'esprit du philanthrope, se cache l'ombre d'un désir de profit personnel..." Il se libéra d'abord sous l'influence du symbole de Prométhée – qui signifie Dieu incarné – le délivrant de la torture des vautours du passé. Le plexus solaire, l'estomac et le foie sont, si je peux l'exprimer ainsi, l'extériorisation de la nature du désir ; Hercule se libéra des vautours du désir qui l'avaient si longtemps torturé. Il renonça à l'égoïsme et à sa propre satisfaction.

 

6- CAPTURE DE LA BICHE DE CÉRYNÉE

Devant la quatrième grande Porte, se tenait Hercule. Sur une colline toute proche, un petit faon. Hercule entendit une voix. Cette voix venait du cercle brillant de la lune, d'Artémis lui adressa des paroles d'avertissement :

. Artémis - "La biche est mienne, aussi ne la touche pas. Pendant longtemps, je l'ai nourrie et je l'ai soignée quand elle était jeune. La biche est mienne et mienne elle doit rester."

Alors surgit Diane, la chasseresse des cieux, fille du Soleil. Bondissant vers la biche, les pieds chaussés de sandales, elle en revendiqua la possession.

. Diane - "Non, Artémis ma belle, la biche est à moi et doit rester mienne. Jusqu'ici, elle était trop jeune, mais maintenant elle peut être utile. La biche aux cornes d'or est mienne et mienne elle restera." Une autre voix résonna à ses oreilles avec autorité : "La biche n'appartient à aucune des jeunes filles, ô Hercule, mais au Dieu dont tu vois le sanctuaire au loin, sur ce mont. Va la délivrer ; conduis-la dans le sanctuaire où elle sera en sécurité et laisse-la là".

Ainsi, pendant toute une année il poursuivit la biche de colline en colline et de forêt en forêt, il la chassa jusqu'au jour où, près d'un étang, il la trouva étendue de tout son long sur l'herbe non foulée, endormie, fatiguée de sa fuite provoquée par les 2 déesses qui cherchaient à déjouer les efforts d’Hercule. L’ayant blessée d’une flèche au pied, il vint tout près d'elle et la serra dans ses bras, tout contre son cœur.

Comme le seigneur d’un anneau, il pensa qu’elle était devenue sienne. Renâclant, il rapporte cependant l’animal au centre du Lieu Saint mais remarquant sa blessure il en réaffirme que la biche est doublement sienne se prévalant de son droit de recherche et de son adresse.

La querelle des déesses luminaires reprend

. Artémis - "Non, la biche est mienne et l'a toujours été. Je vis sa forme reflétée dans l'eau ; j'entendis ses pas sur les chemins de la terre ; je sais que la biche est mienne, car toute forme est mienne."

. Diane - "Si son esprit repose en toi, ô grand Apollon, noble fils de Dieu, sache alors que la biche est morte ; elle a été tuée par l'homme qui est un fils d'homme, bien qu'il soit fils de Dieu. Pourquoi peut-il entrer dans le sanctuaire tandis que nous attendons la biche au dehors ?"

Le dieu solaire mit fin à la querelle en disant : "Parce qu'il a porté la biche dans ses bras contre son cœur et, dans le Lieu Saint, la biche repose ainsi que l'homme. Tous les hommes sont miens. La biche est mienne aussi ; elle n'est ni à vous ni à l'homme."

Hercule, revenant de l'épreuve, passa de nouveau par la Porte et trouva son chemin le ramenant vers l'Instructeur de sa vie.

. L’instructeur - "Hercule, mon fils, va et regarde de nouveau entre les piliers de la Porte.

Sur une colline proche, se tenait un faible faon. Hercule s’étonna. "Ai-je accompli l'épreuve, ô sage Instructeur ? Le faon est de nouveau sur la colline où je l'avais vu au début de ma recherche."

. L’instructeur - "Le quatrième travail est terminé et la recherche doit être fréquente en raison de la nature du test et de la nature de la biche. Ne l'oublie pas, mais médite sur la leçon apprise."

Nous avons vu que la biche qu'Hercule cherchait était consacrée à Artémis, la lune, mais qu'elle était aussi revendiquée par Diane, la chasseresse des cieux et par Apollon, le dieu solaire. Une chose souvent oubliée par les étudiants en psychologie et par ceux qui sondent le développement de la conscience de l'homme, c'est qu'il n'existe pas de séparation précise entre les divers aspects de sa nature, mais qu'ils sont tous les phases d'une unique réalité. Les mots instinct, intellect et intuition ne sont que des aspects différents de conscience et de réaction à l'environnement etau monde dans lequel l'homme se trouve. Il est un animal et il possède, comme lui, la qualité d'instinct et de réaction instinctive à son environnement. L'instinct est la conscience de la forme et de la vie de la  cellule, le mode de connaissance de la forme ; c'est pourquoi Artémis, la lune, qui gouverne la forme, revendique la biche sacrée. L'instinct animal est aussi divin que les autres qualités que nous considérons comme plus spirituelles.

Mais l'homme est rationnel, il peut analyser et critiquer et il a ce quelque chose que nous appelons le mental et la faculté de perception et de réponse intellectuelles qui le différencie de l'animal, qui lui ouvre un nouveau domaine de conscience, mais qui n'est, néanmoins, qu'une extension de son appareil de réponse et la transformation de l'instinct en intellect. Par l'un, il devient conscient du monde des contacts physiques et des conditions émotionnelles. Par l'autre, il devient conscient du monde de la pensée et des idées ; il est ainsi un être humain. Lorsqu'il a atteint ce stade de perception intelligente et instinctive, Eurysthée lui indique qu'il y a un autre monde dont il peut aussi devenir conscient, mais qui a son propre mode de contact et son propre appareil de réponse.

Diane, la chasseresse, revendiquait la biche parce que, pour elle, la biche était l'intellect et l'homme, le grand chercheur, le grand chasseur devant l'Éternel. Mais la biche avait une autre forme, plus subtile, celle qu'Hercule, l'aspirant, cherchait. Il est dit qu'il la pourchassa pendant un cycle de vie, mais ce n'était pas la biche comme instinct qu'il s'efforçait de trouver, ni la biche comme intellect. C'était quelque chose d'autre et pour cela il chercha pendant un cycle de vie.

Nous lisons qu'Hercule captura finalement la biche et la conduisit dans le temple où elle fut réclamée par le dieu solaire qui reconnaissait en elle l'intuition spirituelle, cette expansion de conscience, ce sens de perception consciente hautement développé, qui donne au disciple la vision de nouveaux champs de contact et qui lui ouvre un nouveau monde d'existence. Il nous est dit que la bataille se poursuit encore entre Apollon, le dieu solaire, qui savait que la biche était l'intuition, Diane, la chasseresse des cieux, qui savait qu'elle était l'intellect et Artémis, la lune, qui savait qu'elle n'était qu'instinct. Les deux déesses revendicatrices avaient raison sur un point, et le problème de tous les disciples est d'utiliser correctement l'instinct à sa juste place et de juste manière. Ils doivent apprendre à utiliser l'intellect sous l'influence de Diane, chasseresse et fille du Soleil et, par lui, entrer en rapport avec le monde des idées et de la recherche humaine. Ils doivent apprendre à transporter cette capacité dans le temple du Seigneur et là, la voir transmuée en intuition. Grâce à l'intuition, ils doivent devenir conscients des choses de l'esprit et des réalités spirituelles que ni l'instinct ni l'intellect ne peuvent leur révéler.

 

5- MASSACRE DU LION DE NÉMÉE

Devant la cinquième grande Porte, se tenait Hercule, "Que fais-je ici ? Qu'elle est l'épreuve et pourquoi est-ce que je cherche à franchir cette Porte ?"

. L’instructeur - "Hercule, un appel de profonde détresse a retenti. Tes oreilles extérieures n'y ont pas répondu et pourtant l'oreille intérieure connaît bien le besoin, car elle a entendu une voix t'informant du besoin et t'exhortant à te mettre en route. Les gens de Némée sollicitent ton aide. Ils sont dans une profonde angoisse. Le récit de tes prouesses est arrivé à eux. Ils demandent que tu tues le lion qui dévaste le pays prenant sa part d'hommes. Va, cherche le lion qui ravage le pays au-delà de la cinquième Porte.

Les habitants de cette contrée dévastée vivent silencieusement derrière les portes verrouillées. Ils ne se hasardent pas à sortir pour travailler ni pour cultiver leurs terres. Du nord au sud et de l'est à l'ouest, le lion rôde et, rôdant, s'empare de tout ce qu'il rencontre sur son chemin. Son horrible rugissement s'entend toute la nuit et tous tremblent derrière leurs portes closes. Que feras-tu, ô Hercule, que feras-tu ? Où sont tes armes et ta puissante protection ?"

"Toutes ces armes ne font que me surcharger, me retarder et  entraver mon départ sur le Chemin. Je n'ai besoin que de ma robuste massue, taillée de ma main d'un arbre jeune et vigoureux ; avec elle et mon cœur intrépide, je vais chercher le lion."

Hercule alla d'un lieu à un autre à la recherche du lion. Il trouva les habitants de Némée cachés derrière leurs portes, sauf quelques-uns qui s'aventuraient au-dehors, par nécessité ou désespoir. "Où est le lion ?" demanda Hercule. "Le lion est ici." lui fut-il répondu. "Non, là-bas." dit une voix en proie à la peur. "Non pas, j'ai entendu son rugissement près de la montagne sauvage, cette semaine." "Et moi de même, dans cette vallée où nous nous trouvons." "J'ai vu ses traces sur un sentier que je suivais, Hercule, écoute-moi et traque-le jusqu'à son repaire."

Pendant des jours et des nuits, Hercule chercha le chemin, écoutant les rugissements du lion, tandis que les gens de Némée restaient tapis derrière des portes closes.

Soudain, il vit le lion qui se tenait au bord d'un épais fourré de jeunes arbres.

Alors le lion s'avança vers lui, fou de rage et sans peur, stupéfait de prouesses jusqu'alors inconnues. Car Hercule continuait d'avancer. Soudain, le lion se retourna et, devant Hercule, se précipita dans un fourré sur les pentes rocheuses d'un chemin de montagne escarpé. Ainsi tous deux continuèrent.

Tout à coup, alors qu'il suivait le chemin, le lion disparut ; il ne fut plus vu ni entendu.

Hercule s'arrêta sur le Chemin et se tint silencieux. Il chercha d'un côté et de l'autre, tenant sa fidèle massue, l'arme qu'il avait façonnée lui-même, le présent qu'il s'était donné à lui-même en des jours passés depuis longtemps et en qui il avait confiance. Il chercha de tous côtés, passa sur chaque chemin, allant d'un point à l'autre sur l'étroit sentier qui courait au flanc de la montagne. Soudain, il arriva à une caverne d'où lui parvint un fort rugissement, un grondement sauvage qui semblait lui ordonner de s'arrêter ou de perdre la vie. Hercule s'arrêta, criant aux habitants du pays : "Le lion est ici. Vous allez voir ce que je vais faire." Hercule, fils de l'homme et cependant fils de Dieu, pénétra dans cette caverne, la traversa dans toute sa longueur et dans l'obscurité, ressortit dans la lumière du jour et ne trouva pas le lion, mais seulement une autre sortie. S'arrêtant, il entendit le lion derrière lui, mais non devant. "Que dois-je faire ?" se dit-il ; "cette caverne a deux ouvertures ; quand j'entre par l'une, le lion en sort et revient par celle que j'ai laissée derrière moi. Que vais-je faire ? Les armes sont inutiles. Comment tuer ce lion et sauver les gens de ses crocs ? Que faire ?"

Comme il cherchait autour de lui ce qu'il pouvait faire et qu'il prêtait l'oreille aux rugissements du lion, il vit des tas de bois et de bûches à portée de sa main. Les tirant à lui, les traînant de toutes ses forces, il mit les bûches et les fagots dans l'ouverture la plus proche et obstrua ainsi le passage vers la lumière du jour aussi bien vers l'intérieur que vers l'extérieur, s'enfermant avec le lion féroce à l'intérieur de la caverne. Alors il affronta le lion. À deux mains, Hercule le saisit, le tenant étroitement serré l'étouffant. Sur son visage, il sentait le souffle du lion. Pourtant, il le tenait toujours à la gorge et serrait. Les rugissements de haine et de peur s'atténuèrent de plus en plus ; l'ennemi de l'homme devint toujours plus faible et s'affaissait. Hercule tenait bon. Ainsi, il tua le lion de ses deux mains, sans armes, grâce à sa force personnelle extraordinaire. Il tua le lion et le dépouilla de sa peau, la montrant aux gens qui se tenaient près de l'entrée de la caverne. "Le lion est mort !" crièrent-ils. "Le lion est mort ! Et Henri Salvador précisa le lion est mort ce soir !

Hercule retourna triomphant vers Celui qui l'avait envoyé pour prouver sa force, servir et répondre au besoin de ceux qui étaient dans une extrême détresse. Il déposa la peau du lion aux pieds de Celui qui était l'Instructeur de sa vie et reçut la permission de porter cette peau à la place de celle qu'il mettait déjà.

. L’instructeur - "O Hercule, tu as de nouveau tué un lion. Le lion et les serpents doivent être mis à mort encore et encore. C'est bien mon fils. Va te reposer en paix avec ceux que tu as libérés de la peur. Le cinquième travail est terminé.

Le lion de Némée symbolise donc la puissante personnalité qui menace la paix de la contrée. Quelle est la leçon à tirer du fait qu'Hercule traqua le lion dans une caverne à deux ouvertures ? Pourquoi obstrua-t-il l'une des ouvertures et pénétra-t-il par l'autre ? Quel est l'enseignement spirituel sous-jacent à la tradition selon laquelle il tua le lion de ses mains nues ?

Beaucoup de ces anciennes histoires ont gardé le secret de leur véritable signification pendant des milliers d'années. Ce n'est qu'aujourd'hui et dans cette génération que le sens ésotérique véritable apparaît. Ce qui est intéressant dans la période que nous vivons maintenant est qu'elle marque un développement absolument unique dans l'évolution de la race humaine. Il y a toujours eu des manifestations de dieux solaires et le travail d'Hercule fut vécu maintes et maintes fois par quelques individus. Chaque nation a produit ses aspirants évolués qui traquèrent le lion de la personnalité jusque dans la caverne et, là, le maîtrisèrent. Mais, relativement aux myriades d'êtres humains, ils ont constitué une très faible minorité. Nous sommes maintenant dans un monde qui voit beaucoup d'aspirants et, dans toutes les nations, la génération montante produira ses milliers de disciples ; déjà des milliers d'individus cherchent le Chemin. Le monde est plein de personnalités et le moment est venu où le lion de la tribu de Juda doit triompher du lion du soi personnel. Nous ne sommes pas seuls dans notre lutte, comme l'était Hercule, mais nous faisons partie d'un grand groupe de fils de Dieu qui se débattent dans les épreuves préparatoires à l'initiation ainsi que dans les problèmes qui feront éclore les pleins pouvoirs de l'âme.

Partout, la conscience des individus est en train de se déplacer sûrement hors de la nature émotionnelle donc hors du centre du plexus solaire, dans le corps mental et par conséquent, dans la tête. Il y a dans la tête une petite caverne, une petite structure osseuse qui protège l'une des glandes les plus importantes du corps, la glande pituitaire. Quand cette glande sera en pleine activité, nous aurons une personnalité parachevée et active, se gouvernant elle-même, douée d'activité mentale et d'endurance. Le corps pituitaire a une double configuration ; dans l'un de ses lobes, le frontal ou anté-pituitaire, se trouve le siège du mental qui raisonne, de l'intellectualité et, de l'autre, le post-pituitaire, siège de la nature émotionnelle imaginative. Il est dit aussi que cette glande coordonne les autres, dirige la croissance et est essentielle à la vie. Berman définit l'intellectualité comme la "capacité mentale de maîtriser son environnement par des concepts et des idées abstraites". Quand cette glande est insuffisamment développée, il y a aussi bien une déficience affective qu'une déficience mentale. Beaucoup d'endocrinologues et de psychologues se sont exprimés de manière semblable. C'est dans cette caverne que le lion de la personnalité développée a son repaire et c'est là qu'Hercule, le dieu solaire, doit vaincre.

Pendant des siècles, les Égyptiens et spécialement les Hindous ont connu l'existence des chakras ou centres de force dans le corps éthérique. La découverte du système endocrinien montre l'existence de glandes physiques correspondant aux mêmes endroits. L'une d'elles, le corps pituitaire, avec ses deux lobes, symbolise la caverne aux deux ouvertures, dont l'une devait être fermée par Hercule avant qu'il ne puisse maîtriser la personnalité au moyen du mental supérieur. En effet, ce n'est qu'après avoir bloqué l'ouverture des émotions personnelles (post-pituitaire), lancé au loin sa fidèle massue et refusé symboliquement de mener plus longtemps une vie personnelle et égoïste, qu'il put, entrant par l'ouverture représentée par l'anté-pituitaire, vaincre le lion de la personnalité dans la caverne. Ces corrélations sont si exactes qu'elles présentent un imposant témoignage de la parfaite intégrité du Plan. "En haut comme en bas." Une remarquable corrélation entre les vérités biologiques et les vérités spirituelles.

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